CINE : 24 HEURES DANS LA VIE D'UNE FEMME
24 heures de la vie d'une femme
D'après la nouvelle de Stefan Zweig
Un film de Laurent Bouhnik, avec Agnès Jaoui, Michel Serrault, Bérénice Béjo, Nikolaj Coster-Waldau, Frances Barber.
Durée : 1h45
Sortie nationale le 8 janvier 2003
Début du vingtième siècle, une jeune femme sort pour la première fois de sa retraite depuis la mort de son mari et, poussée par sa belle soeur, entre dans un casino pour se changer les idées. Elle tombe alors en arrêt devant les mains d'un joueur de cartes qu'elle se met en tête d'aider et se laisse aspirer par son charme. Si le roman de Stefan Zweig se résume aux strictes 24 heures étourdissantes de la vie de cette femme, à cette soudaine et brève rencontre qui la propulse dans les méandres d'une passion fulgurante, Laurent Bouhnik a malheureusement tenu à moderniser cette nouvelle en l'incorporant dans une autre histoire plus contemporaine. Celle d'un vieillard désabusé tombant sur une adolescente déprimée à laquelle il livre ses souvenirs, parle de cette femme qui pour, le rassurer, assouvir une douleur due au fait que sa mère venait de s'enfuir avec son professeur de tennis, lui à raconter sa propre dérive, 24 heures torrides et enivrantes.
Cette parenthèse moderne, ces croisements maladroits nuisent à la force du roman de Stefan Zweig. Certes l'écriture cinématographique est toujours différente mais rien n'empêchait Laurent Bouhnik de se concentrer exclusivement sur ces fameuses 24 heures, de s'arrêter plus longuement, par exemple, sur les mains de cet homme, dévoré par une soif incontrôlable, captivant littéralement l'héroïne, de s'arrêter sur le visage, les yeux d'Agnès Jaoui révélant ici une émouvante facette de sa personnalité, apportant à ce personnage une touchante retenue et laissant brusquement éclater pudiquement une fragilité, un désespoir proche de la folie. Ces digressions n'apportent rien et perturbent au contraire l'intensité de la trame principale.
Si les costumes sont magnifiques, la photographie d'une agréable volupté, la musique mélodieuse, ces artifices -comme pour Adolphe- ne sauvent pas le film. Seuls les passages tirés de la nouvelle et reposant sur le jeu d'Agnès Jaoui restent appréciables.
Sophie Wittmer























