CINE : LE DERNIER ROI D'ECOSSE
LE DERNIER ROI D'ECOSSE
Un film de Kevin MacDonald
Avec Forest Whitaker, Gillian Anderson...
Date de sortie : 14 février 2007
Durée : 2h05
BANDE-ANNONCE VOSTF
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Confessons-le d'emblée: les premières images du Dernier roi d'Ecosse laissent craindre le pire dans les registres de la fiction académique overdosée de clichés et de l'édification pédago avec ce personnage de blanc-bec écossais qui choisit sur son globe la destination de ses vacances et décide d'aller se frotter à la misère et à des conflits politiques, choses dont il n'a a priori pas grand-chose à foutre. Les écueils à éviter dans ce genre de situations ne manquent pas: réductions psy sommaires, manichéisme outrancier, moralisation paternaliste. Bref, rien qu'à les énoncer, on étouffe. C'eut été une facilité, pourtant: le film, s'articulant essentiellement autour d'un chef d'Etat (Forest Whitaker, génial comme d'habitude) et d'un jeune médecin écossais (James McAvoy, sorte de double jeunot de Ewan McGregor), aurait pu se contenter de saupoudrer une tambouille politico-démago de didactisme poids lourd et de violons lacrymos. Heureusement, il n'en est rien.
Si Kevin MacDonald, cinéaste repéré avec la fiction La mort suspendue et le documentaire Un jour en septembre (sorti en 2006 en même temps que Munich), a recours à quelques ficelles voyantes pour confronter les personnages (la façon dont les deux protagonistes se rapprochent peut sembler invraisemblable même si le récit s'inspire d'une histoire vraie et de personnages existants - Idi Amin Dada, considéré comme l'un des dictateurs les plus effrayants du siècle dernier avec Hitler, Staline et Mao), l'opus, débarrassé de scories mélodramatiques, scrute avec dignité la relation discrètement trouble entre un homme tout puissant et un jeune glandeur dans un ballet étonnamment érotique voire charnel où se meut l'attraction mutuelle (l'un pour l'Ecosse, l'autre pour le pouvoir) de deux proies qui se dévorent du regard. Pendant tout le film, on ne comprend pas bien pourquoi le chef d'Etat taraudé par une gravité latente (il dit avoir rêvé de sa propre mort et savoir pertinemment l'instant où il mourra) s'attache davantage à l'étranger écossais qu'à ses propres enfants, pourquoi il abrège une discussion qui dévie sur des sujets potentiellement néfastes. Bref, pourquoi il cherche obstinément à devenir l'ami d'un pauvre médecin inexpérimenté. Pendant longtemps, on regarde ces deux personnages s'apprivoiser, s'aimer, s'humaniser, s'inquiéter, se perdre. Et le jeu du chat et de la souris, tissé telle une histoire d'amour aux impulsions graduelles, devient séduisant en même temps qu'inconfortable.
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