CINE : ZONE LIBRE
ZONE LIBRE
Un film de Christophe Malavoy
Avec Jean-Paul Roussillon, Lionel Abelanski, Olga Grumberg, Mathilde Seigner...
Durée : 1h44
Date de sortie : 17 janvier 2007
Au-delà de la guerre, Zone libre s'arrête sur la confrontation de deux mondes qui se rencontrent, s'opposent et vont se rapprocher, unis par une même humanité. Une humanité qui cimente ce troisième film de Christophe Malavoy après Ceux qui m'aiment ne meurent jamais et La ville dont le prince est un enfant. Le réalisateur choisit d'entrer dans la guerre sans s'arrêter directement sur la cruauté qu'il en émane, préférant se focaliser sur ce qu'il reste de vie, d'espoir. La guerre est là, présente en filigrane, elle raisonne au loin, des coups de feu brisent la quiétude d'une douce matinée ensoleillée, des Allemands débarquent à l'improviste mais ne font que passer. Elle est là, au travers de cette famille qui n'a plus de repères, de ces victimes qui ont dû renoncer à ce qu'ils avaient de plus chers, dont le passé s'est évaporé de façon sanglante, on ressent leurs blessures, leur frayeur. Elle pèse sur le présent, elle s'échappe d'un regard, d'un silence, silence que le réalisateur prend plaisir à laisser s'installer, mais elle ne s'enracine pas et la vie réussit à s'imposer avec gaieté et émotion. Elle renaît au travers d'une vieille femme bourrue et têtue, mais délicieusement irrésistible, au travers d'une jeune mère, épanouie malgré la souffrance qui la ronge, au travers d'un enfant qui se cherche, s'éveille, au travers de la simplicité terrienne des paysans, au travers de la nature qui éclaire ce film.
L'approche de Christophe Malavoy reste simple et limpide, il ne cherche pas à surprendre, à briller, sa personnalité généreuse et discrète se glisse dans chaque plan et les rend authentiques, leur apporte une réelle sincérité. On discerne son implication, ce que chaque mot, chaque geste représente, on le sent happé par cette histoire, par cette réalité qu'il a abordée avec poésie et profondeur. Une profondeur qui ressort également du jeu de ses comédiens qu'il a su imposer et qui transcendent le film, lui apportent une lumineuse tonalité, chacun réussissant à exprimer la force et la douceur des personnages, à se glisser avec harmonie dans cet univers, ce huis clos alimenté par une sourde angoisse finissant par céder sa place à de petites parenthèses colorées qui permettent à chacun de s'inscrire dans une forme de résistance, de continuer à vivre. Il ne faut jamais cesser de croire en la vie, c'est ce qui reste de ce film, simplement touchant.
Sophie Wittmer
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