
Elodie Leroy 9
BLOOD DIAMOND
Un film d'Edward Zwick
Avec Léonardo Di Caprio, Djimon Hounsou, Jennifer Connelly...
Durée : 2h22
Date de sortie : 31 janvier 2006

Nous sommes à la Sierra Leone, en 1999. Le pays est en pleine guerre civile. Dans le reste du monde, on aperçoit de furtifs bouts de reportage qui seront illico oubliés cinq minutes plus tard ; sur place, c'est l'horreur. Danny Archer, nostalgique de l'époque coloniale, est un vulgaire trafiquant de diamants. Solomon Vandy n'est lui qu'un simple pêcheur, qui se retrouve prisonnier du RUF, la rébellion sierra léonaise, après l'attaque de son village. Envoyé dans ses mines, il y découvre un magnifique diamant qui deviendra l'objet de toutes les convoitises. Et plus particulièrement celle d'Archer qui lui propose, en échange du précieux caillou, de l'aider à retrouver sa famille dont il a été séparé. La quête du diamant devient sanglante.
Présenté ainsi, il y a de quoi avoir très peur : un film fleuve d'Edward Zwick, réalisateur du Dernier Samouraï et de Légendes d'Automne, qui s'étale sur plus de deux heures et exploite un sujet brûlant ressemble fort à une invitation à la grosse artillerie mélodramatique et convenue ayant tous les éléments clefs en main pour plonger les cyniques dans la torpeur. A l'écran, on fait presque abstraction de ces jugements hâtifs en se disant une bonne fois pour toute que critiquer un film d'Edward Zwick revient à toujours ergoter sur les péchés trop mignons du réalisateur (musique hypertrophiée, personnages taillés dans le marbre manichéen, situations épiques). On les connaît, ses défauts : il aime un cinéma outré à l'ancienne, premier degré, dépourvu d'ambiguïtés ; Zwick ne peut pas s'en passer, comme pour se donner de la consistance.

Sans avoir les atours du blockbuster subversif et malade, Blood Diamond affiche cependant une volonté pas négligeable de proposer un divertissement populaire à la fois noble et bipolaire. De manière précise, il essaye d'éviter tout abîme consensuel et simplement, d'alerter et filmer une réalité crue. Les grosses ficelles en deviennent indispensables pour que le message passe dans un film à gros budget d'autant que personne ne tire une réelle fierté de ce constat politique et humain. Blood Diamond contient donc à la fois les stigmates inhérents au grand mélodrame Hollywoodien qui flirte avec la caricature et les clichés (certes, et alors ?) et en même temps des fulgurances éparses et des traces d'ironie soulignées par une relation entre le protagoniste (Léonardo Di Caprio) et une journaliste (Jennifer Connelly).
[p1] [p2] [p3] [p4] [p5] [p6] [p7] [p8] [p9] [p10]


































