De HellJohn le 04 Juillet 2007 à 16:26
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Une jolie et authentique chronique adolescente
Ha que ça fait du bien de voir un film français qui dresse enfin un tableau juste et tendre de l’adolescence contemporaine, pas forcément en renouvelant le thème mais en évitant tous les clichés du teen movie (au cinéma ou à la télé) alors que tous les éléments étaient là pour y sombrer (dialogues crus, jeunes qui veulent niquer au plus vite quitte à adopter de mauvaises solutions comme des paris ou de basses vengeances…). Pas vraiment d’histoire ni de fil conducteur, juste des petites histoires de va-et-vient sans importance, histoires d’amitié (une amitié fragile voir schizophrène), d’amour (les premiers amours) ou de sexe (les premiers rapports, imparfaits et loin des espérances de perfection) qui font de l’adolescence une période aussi volatile (ça passe si vite) que confuse (d’un point de vue omniscient, on s’y perd), à la fois futile (leurs petits problèmes sont tout pour eux et rien pour nous) et essentielle (apprentissage de l’amour et des valeurs de la vie, beaucoup de premières fois). Dans le récit du film comme dans ces quelques années (3 années à peine) de doutes, de désirs, de découverte et de remise en question, il se passe beaucoup de choses en peu de temps. Une période complexe mais involontairement drôle vue de l’extérieur avec du recul (on en a autrefois bavé, et aujourd’hui on en rit), d’où les nombreuses touches d’humour dans ces relations fugaces et ces personnages pleins de vie et d’hormones.
Loin de la vulgarité racoleuse qu’on retrouve désormais souvent dans ce genre de films, loin du pathos et de la niaiserie rose bonbon, "Et toi, t’es sur qui ?" retranscrit ces « sensations adolescentes » avec authenticité (du langage des djeun’s d’aujourd’hui à leur musique, Marilyn Manson ou les Red Hot, ainsi que leurs moyens de communication, msn, portables, etc.), naturel (on retrouve en partie le quotidien qu’on a autrefois vécu, avec une technologie différente), spontanéité (ça ne fait pas « joué », ça sonne vrai et imprévisible), tendresse (la réalisatrice aime ses personnages et admire ces adolescents qu’elle veut comprendre) et réalisme (on s’y croirait parfois, cf. la séquence de la fête), grâce notamment à une mise en scène simple, fluide et toute entièrement dédiée à un joli casting novice composé principalement de Christa Theret (la jolie gothique, par ailleurs la seule actrice du lot à avoir déjà de l’expérience au cinéma puisqu’elle jouait la fille de José Garcia dans "Le Couperet"), Lucie Desclozeaux, Gaël Tavares et Nicolas Schweri, les quatre jeunes héros qui représente la jeunesse actuelle. A noter que jamais le film ne dévoile les parents (cf. la mère hors champs), ce qui est un peu dommage étant donné qu’ils ont un rôle essentiel dans l’éducation de ces jeunes. Mais Lola Doillon ne fait pas dans le social, et c’est tant mieux.
La réalisatrice n’en fait jamais trop, elle se place à la hauteur de ses personnages sans renier son point de vue d’adulte (donc un regard extérieur, du recul). En résulte un tableau de la jeunesse à la fois universel et intimiste. Même si cette période est loin de nous (l’insouciance, la liberté, les premières fois…), l’empathie fonctionne et l’on aimerait y retourner pour revivre, peut-être en mieux, tout ça. Une chronique adolescente en forme de comédie sentimentale en même temps qu’une savoureuse étude de mœurs : pas original, mais frais, vrai, malicieux, bien vu et sincère.
Ca vaut bien mieux que "Sexy Boys" et "Mes Copines", autres des rares teen comedy bien de chez nous. Réussite modeste mais d’autant plus admirable qu’il s’agit d’un premier film, celui de Lola Doillon (fille de Jacques et sœur de Lou), qui prolonge ici son court-métrage "Majorettes", qui relatait trois petites histoires d’adolescents