
Florent Kretz 4
VENDREDI 13
Un film de Marcus Nispel
Avec Jared Padalecki, Derek Mears, Amanda Righetti, Danielle Panabaker, Travis Van Winkle, Aaron Yoo, Julianna Guill, Arlen Escarpeta, Willa Ford, Ryan Hansen, Jonathan Sadowski, America Olivo
Durée : 1h37
VENDREDI 13 de marcus nispel
Une rumeur plane au-dessus des eaux de Crystal Lake : la mère d'un jeune handicapé nommé Jason, noyé lors d'une colonie de vacances, serait revenue pour accomplir sa vengeance contre les moniteurs. Assassinée, c'est bientôt son fils, revenu d'entre les morts, qui reprend le flambeau et décime quiconque s'aventurera du côté du lac ...
On peut dire qu'on l'attendait ce film ! Non pas qu'il s'agisse en soi d'un évènement. Les remakes pullulent de plus en plus et on s'attendait, un jour ou l'autre, à découvrir une relecture de la balade morbide de l'immortel Jason Voorhees, bonhomme noyé et détenteur du masque de hockey le plus célèbre du cinéma. Son remake était en effet une mise en exergue légitime, le bourrin désoudeur de teens ayant connu ses grandes heures de gloire dans les années 80, période bénie durant laquelle tous les Myers et autres Krueger étaient encensés pour leurs exploits meurtriers. Ainsi, pendant plus d'une dizaine d'épisodes, le monolithe qui hantait Crystal Lake se fera le représentant le plus divertissant d'une forme d'horreur d'exploitation, la plupart de ses volets possédant des budgets restreints et étant suffisamment mal bouclés pour devenir un rendez-vous annuel du cinéma bis et brutal... La recette était simple, quelques jeunes aux tendances débilitantes, un Jason rédempteur et sans pitié et surtout une palanquée de meurtres tous aussi infâmes les uns que les autres, une ou deux poitrines et quelques gags bas de gamme aérant le tout. Avec un concept pareil, la franchise des Vendredi 13 prenait les atours d'un rencard culte, les amoureux de gore et de fear & fun étant conviés à la découverte d'un nouveau plaisir coupable. Alors, quand la série se verra offrir l'opportunité d'être reprise dans le but de récupérer une notoriété faiblissant d'épisode en épisode et que l‘on annonça que Nispel porterait le projet, l'imaginaire des supporters de toujours s'emballa. Marcus Nispel... N'était-ce pas celui qui avait suffisamment compris le travail de Tobe Hooper pour offrir un complément plutôt qu'une relecture au classique texan ? A la place de refaire le film du maître, il s'était attelé à la tâche de faire un « film sur la saleté » tandis que le chef-d'oeuvre s'appréhendait comme un « métrage résolument sale ». De la même manière que Douglas Buck avait misé sur la mise en place d'un reflet déviant du Soeurs de sang de De Palma ou que Rob Zombie s'était penché sur l'humanisation maladive de The Shape dans son Halloween... Nispel aux manettes d'un Vendredi 13 semblait donc tomber sous le sens mais hélas, à la place de réinventer un mythe, il se fourvoie et propose un énième épisode d'une lignée qui n'en finit plus...
VENDREDI 13 de marcus nispel
Mais qu'a-t-il pu se passer chez Nispel pour parvenir à faire fléchir une série qui était déjà sur les rotules ? Car restons objectifs quelques instants : si la franchise lancée par Cunningham reste un monument de ringardise et l'illustration parfaite d'une corde que l'on tire jusqu'à ce qu'elle rompe, la saga conservait un capital sympathie improbable, chaque nouvel épisode entretenant cette dimension folle d'une histoire interminable, le seul désir étant de faire plaisir aux geeks ou aux spectateurs d'un soir ! D'ailleurs, on pourra même prétendre que la véritable magie de Vendredi 13 est d'être parvenue à toujours se faire apprécier même dans les moments les plus ingrats ! On aurait donc pu penser que reprendre tout cela pour en faire quelque chose de convenable pour un public de non-initiés aurait été chose aisée. Au mieux, le film de Nispel était une excellente surprise, l'horreur développée faisant passer l'ensemble du statut de Culte à Classique ! Au pire, le métrage ne restait qu'un bon divertissement, bête et méchant, une péloche pop-corn dont la seule ambition serait d'offrir autant de sursauts et de scènes gores que pourrait encaisser le public ! Hélas, la cuvée 2009 est bien rance et, face à la déception première, on se surprendra à en soulever beaucoup plus les points négatifs que les quelques vaines honorables tentatives.
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