Ca commence par un gros point noir : le film est recadré. C'est d'autant plus rageant que la bande annonce dans les bonus est elle au format 1.85. Si on n'est pas trop exigeant sur la qualité, on trouvera l'image honorable. Principalement grâce à une compression et une définition correctes mais la vision sur grand écran risque d'être fatale. Le contraste est en revanche gérée à l'emporte pièce ce qui donne par moments des scènes absolument illisibles. Les couleurs ne sont pas au top non plus et ont de sérieuses tendances à baver.
La bande son manque furieusement de précision mais elle possède un dynamisme et une volonté d'en mettre plein les oreilles plutôt sympathiques. La piste Dolby Surround utilise les enceintes arrières de manière très généreuse. C'est donc ultra efficace mais ça ressemble souvent à un immense capharnaüm.
Pas grand chose d'excitant. Un menu fixe donne accès à la bande annonce (au format donc mais avec une définition minable) et aux filmographies de cinq comédiens.
Ce DVD étant de provenance anglaise, il faut noter l'absence totale de sous-titres.
L'accroche marketing du Couvent est ''Priez Pour Ne Pas Y Entrer''. Bien vu car ce film est franchement sinistré ! L'histoire : nonnes zombies décimées; 40 ans plus tard, jeunes cons veulent visiter couvent; eux possédés par esprits démons; tueuse du début revenir pour faire place nette.
Mais c'est du fantastique pour jeunes ! Mais c'est du trash ! Mais c'est pour le fun ! Tu peux pas comprendre, etc... Même pas vrai ! Le Couvent, c'est de la copie de dixième génération, tellement délavée que les images n'imprègnent plus la rétine. Le film est ennuyeux et n'exploite même pas sa propre stupidité de manière humoristique (comme le faisait Dan O'Bannon dans le Retour des morts vivants). L'action et l'humour tombent presque toujours à plat, la formule est définitivement éculée, épuisée.
Mendez a un talent : savoir choisir sa bande originale. Si les scènes d'action suscitent une réaction nerveuse du spectateur, ce n'est ni pour le montage syncopé, ni pour les éclairages verts/bleus/rouges dégueux, ni pour les maquillages inachevés ou le gore fluo, mais uniquement pour la musique. Mais coupez le son : dodo dans les trente secondes.
Si on met bout-à-bout les répliques drôles, les plans biens vus, la guest star ridée, les images bien torchées et les idées surprenantes, on obtient un court-métrage de quatre minutes qui aurait remporté à l'aise n'importe quel concours de vidéo super 8. En résumé, Le Couvent est une très grosse déception.
Par Denis Brusseaux