Premier des cinq films que Terence Fisher consacra à Frankenstein, Frankenstein s'est échappé marque aussi le premier des films du célèbre studio Hammer à être tourné en couleurs. C'est aussi la première collaboration d'un trio de légende : Fisher, Cushing et Lee. Visuellement splendide (l'utilisation majestueuse du technicolor tranche d'emblée avec le noir et blanc du Frankenstein de Whale), le film offre une interprétation originale, profondément noire et macabre du roman de Mary Shelley. En centrant la quasi intégralité du récit sur le personnage du baron, magnifiquement campé par un Peter Cushing au sommet de son art (d'un regard, il nous glace le sang tant il parvient à montrer toute la monstruosité, la férocité et la folie qui caractérisent son personnage), le Frankenstein version Fisher devient avant tout une réflexion souvent subtile, toujours implacable sur les pouvoirs du créateur, sur les obligations et devoirs du scientifique, sur les barrières que la science ne peut et ne doit franchir. Passionnant et à bien des égards terrifiant !
Une copie de toute beauté, des couleurs élégantes, un contraste probant, une définition exemplaire et une compression invisible : on pourrait vraiment croire que le film a été tourné hier. Les pistes mono sont moins enthousiasmantes mais le rendu est parfaitement clair (pratiquement aucun souffle), la VF étant comme souvent un cran en dessous. Pour les bonus, il faut s'y faire : uniquement la bande-annonce.