Premier long-métrage de l'habile mais surestimé Guillermo Del Toro, spécialiste du maquillage passé réalisateur et scénariste, Cronos est un petit film d'horreur qui acquis une certaine réputation et lui a permis par la suite de décrocher son billet hollywoodien avec d'abord Mimic en 1997 et dernièrement Blade 2 (2002). S'il renouvelle avec intelligence le thème de l'immortalité (avec une référence direct à la résurrection du christ, notamment par le nom du héros, Jésus Gris !) et le mythe du vampire, emballant ses scènes avec un certain brio et une économie des moyens bien gérée (petit budget, peu de dialogues, mise en scène qui va à l'essentiel), le film ne dépasse cependant jamais sa bonne idée de départ et manque sérieusement de densité et d'intensité à l'arrivée. Entre le papier et le film, on n'a rien perdu, mais on n'a rien gagné non plus, hormis une très belle relation d'amour, faite d'échanges muets et de regards entre le grand-père et sa petite fille plongée dans le mutisme, qui sauve le film de l'ennui et de l'inintérêt.