Un transfert lumineux à souhait, aux couleurs chatoyantes merveilleusement saturées. La compression, sans être parfaite, rend une belle justice au travail de la réalisatrice et de son chef opérateur, on ne note que de très rares artéfacts dans certains plans. L'ensemble se voit renforcé par une définition solide et des contrastes parfaitement gérés.
En deux mots : de l'excellent travail !
Les deux pistes audio (Dolby Digital 5.1 et DTS) accusent l'une comme l'autre une remarquable clarté tant dans la restitution des dialogues que des diverses ambiances.
Si la piste DTS n'apporte qu'un très léger plus en terme de profondeur des passages musicaux, l'une comme l'autre se montrent d'une très belle précision.
On ne trouve malheureusement pas grand-chose en matière du bonus : juste quelques bandes annonces de film produit par l'ARP.
Quand l'amitié vire à l'amour, qui peut prédire des sentiments de chacun ?
Nominé aux Césars en tant que Meilleur film et pour les postes de Meilleur Acteur (JP Bacri) et Meilleure actrice (Isabelle Carré et Nathalie Baye), Les sentiments est avant tout une histoire d'adultère mais la réalisatrice a l'intelligence de traiter le propos de manière décalée, un rien déjanté, évitant les écueils de la lourdeur dû à un sujet éculé. Elle met en avant la part enfantine qui sommeille en chaque adulte, ce côté adolescent du jeu avec les sentiments, le tout abordé avec un rythme constant et énormément d'humour et de dérision.
La réalisatrice traite son sujet sur les bases du théâtre antique en faisant apparaître de manière récurrente et humoristique un coryphée (ou choeur) ici sous l'apparence d'un groupe de chanteurs et chanteuses commentant l'histoire par diverses psalmodies délirantes.
Mais le film repose avant tout sur un quatuor de première classe, même si deux premiers violons se distinguent de ce petit orchestre : Isabelle Carré est tout simplement rayonnante de beauté et de justesse. Elle illumine chaque plan de sa présence, bouffant littéralement la pellicule et volant la vedette à tous ses partenaires. Quant à Jean-Pierre Bacri, il est égal à lui-même et chaque dialogue semble avoir été écrit pour lui tant il les sert avec une verve sublime. Nathalie Baye prend la troisième place du podium, habitant cette femme blessée avec une belle grâce. Seul Melvil Poupaud, par ailleurs très juste, ne parvient pas à offrir à son personnage une palette bien large.
Néanmoins, Les sentiments fait partie de ces films qui se regardent avec un malin plaisir tant il sort des sentiers battus de par son humour et sa tendresse. A voir !
Par Pascal Faber