D'une qualité globalement satisfaisante, l'image bénéficie de contrastes bien équilibrés et de couleurs éclatantes, ce qui lui confère une définition nette et parfaite, même dans les scènes les plus sombres.
Même si elle reste parfaitement écoutable, amplifiant la musique, les cris de douleur de Henri et les hurlements de défense de son avocat, la bande sonore de Meurtre à Alcatraz sans explication en Dolby Stéréo seulement, aurait peut-être mérité un traitement de faveur...
Succession d'images en fondus sous fond de musique grave et poignante, les menus sont clairs et sans fioritures inutiles. La navigation est simple, pratique et rapide. Côté supplément, le film de Marc Rocco n'est accompagné que... d'une bande annonce en VOST et plein écran. Bien maigre compensation...
De La Grande illusion à La Ligne verte en passant par Sleepers, Oz ou Midnight Express, la prison et le milieu carcéral ont toujours été une source d'inspiration pour le cinéma et la télévision. Avec l'ambition de dénoncer, critiquer ou simplement montrer, les réalisateurs de ces films ont toujours eu soif de justice et de vérité. Marc Rocco, avec Meurtre à Alcatraz, a mis au grand jour l'histoire vraie de Henri Young, incarcéré dans le tristement célèbre pénitencier pour avoir volé cinq dollars, isolé trois ans au mitard pour tentative d'évasion, frappé, torturé, et finalement coupable du meurtre de celui qui l'a trahi dès sa sortie du cachot. Film choc de 1995, Meurtre à Alcatraz a marqué sa génération et presque dix ans après sa sortie en salle, n'a rien perdu de son horreur.
Sans aucune complaisance, sans plaisir ni pitié, il pointe toujours son doigt rageur vers le système carcéral et ses dirigeants. Chef d'oeuvre intemporel d'une noirceur et froideur incomparable, Meurtre à Alcatraz décrit pas à pas un univers où la violence et le mensonge règnent en maître. Sublimé par l'interprétation spectaculaire de Kevin Bacon, le film remue les tripes et laisse un arrière-goût amer de remise en question et de dégoût de la vie.
Par Aurélie Maulard