Le master montre par moments quelques signes de faiblesses (quelques poussières sur le négatif) mais dans l'ensemble le transfert se montre d'une facture très convenable. La définition est bien aiguisée, le niveau de détail fort appréciable, les couleurs parfaitement saturées et la compression, sans être parfaite, s'en tire haut la main. Seuls les contrastes sont parfois trop appuyés.
Les pistes anglaise et française stéréo se montre très conventionnelles mais préservent une parfaite clarté dans la restitution des dialogues. Notez toutefois que la version originale se montre un cran au dessus quant au naturel de ces derniers. L'ensemble se montre d'une dynamique honnête.
Hormis un documentaire (21mn11 - vost - « Beautiful Thing, Beautiful Film »), on ne trouve rien de bien passionnant. La réalisatrice nous parle de sa mise en scène au théâtre avant de ressentir l'envie d'en faire un film, de la genèse du projet et nous offre un lot d'informations qui font de ce documentaire un complément de premier choix.
On trouvera ensuite une galerie de photos et la bande annonce du film.
L'histoire de deux garcons de seize ans d'une cite de la banlieue londonienne qui tombent amoureux l'un de l'autre.
Banlieue grisonnante de Londres où il veut mieux passer inaperçu pour éviter de se faire remarquer. Uniformité, tristesse, ennui. Et dans ce cadre a priori déprimant, deux ados vont tomber amoureux l'un de l'autre. Hésitation sexuelle, confusion des sens par laquelle tout ado est déjà passé... Alors qu'on s'attend à une déferlante de lieux communs, le cinéaste a le bon goût de fuir comme la peste le misérabilisme et se met à hauteur d'ados-enfants qui trouvent dans cette relation une sorte de refuge contre la connerie humaine.
En jouant sur les petits détails du quotidien, en filmant avec empathie des personnages en plein trouble et dérèglement intérieur, en tournant le dos aux préjugés et en établissant un beau panégyrique de la différence et du non-conformisme, Beautiful Thing fait partie de ces films qui rendent heureux. Une oeuvre stimulante, drôle, touchante avec une galerie de personnages hauts en couleur et une scène finale attendrissante. Quelque chose comme la version masculine de Fucking Ämal. Donc quelque chose de bien...
Par Romain Le Vern