Sans la moindre bavure, l'image du film de Claude Chabrol ne cesse de vanter les mérite de ses décors, certes très sobres, mais dans une netteté plus qu'appréciable. Une photographie légèrement terne et des mouvements statiquement indécrottables empêchent ainsi la compression de patiner. Du très bon travail.
Cruel dilemme : Choisir entre une piste 5.1 ne se lâchant qu'à de très rares occasion quelques effets ici et là mais ne concentrant ses dialogues que sur l'enceinte principale, ou préférer la piste PCM stéréo offrant une ouverture de ces mêmes dialogues avec un naturel bien plus prononcé. Etant donné la virtuosité sonore du film d'une manière générale, nous ne serions trop vous conseiller cette deuxième option !
Suppléments
Bande annonce
Making-of
Composé en deux parties, ce making-of en révèle bien plus que l'on ne pourrait
espérer. Outre les anecdotes propres à tout film ; ce documentaire dévoile
tout son intérêt dès les premières secondes car nous n'explorons pas comment
un film est fait, mais plutôt comment un des piliers de la nouvelle vague
travaille.
Force est de constater que l'homme sort clairement des sentiers
battus, et il semble déroutant de travailler avec. Tantôt détestable, tantôt
adorable, le cyclothymique Claude Chabrol reste constamment dynamique et à
l'écoute des problèmes inhérents à la production d'un film. Plutôt austère
dans sa forme, le making-of montre autant de faiblesse que de qualité, et
mérite d'être un bon exemple sur la façon de tourner un film comme celui de
tourner un documentaire sur le cinema.
Philippe (Benoit Magimel) tombe amoureux de Santa (Laura Smet), la
demoiselle d'honneur du mariage de sa soeur, avec qui il va vivre une passion.
Peu à peu Santa va dévoiler une personnalité trouble, ce qui va entraîner
Philippe dans un jeu obscur.
En prenant le risque de sortir un film par an, Chabrol offre au spectateur une
routine qui malheureusement n'étonne plus personne. Pourtant il propose une
chose plutôt intéressante, celle de transposer un univers tout droit sorti de
la collection "série noire", dans un milieu provincial de middle class. Tout les
éléments du genre sont exposés : les flics omniprésents, mais invisibles, la
femme fatale, et le pauvre type partant perdant.
Malheureusement, la femme fatale ne touche quasiment personne (en fascine
encore moins), et ce qui doit tenir en haleine est absolument inexistant. Le
nouveau Chabrol manque de souffle. Les personnages composant le récit daté
sont issus d'un autre temps, leur jeu suit un diagramme plat.
Laura Smet, plutôt prometteuse dans Les corps impatients, réussit
l'exploit de perdre 20 points dans l'échelle de crédibilité. Benoît Magimel
souffre toujours de paralysie faciale, et l'insulte suprême arrive de Michel
Duchaussoy en ersatz de clochard. Le film, dans son grand ensemble, offre
quelques pistes intéressantes malheureusement toutes inexploités. Il faut
réellement se creuser les méninges pour comprendre l'existence d'énigmes sous-jacente.
Guère plus passionnant qu'un téléfilm France 3, La Demoiselle
d'honneur n'est clairement pas un révolution, ni même une évolution. De la
part d'un type aussi intelligent que Claude Chabrol, on reste en droit
d'attendre bien mieux.
Par Olivier Burgain