Une copie franchement honnête qui survit avec aisance au passage d'une compression complexe compte tenu du matériau d'origine. Décors touffus, brumes, et artefacts vidéo ne sont donc pas une embûche.
Là encore, le mixage donne essentiellement la part belle aux dialogues, d'ici d'une grande clarté, qu'on ne saurait trop conseiller de découvrir en français pour pleinement apprécier la nature déjantée de ce nanar.
Deux choses à se mettre sous la dent parmi les bonus. L'une d'entre elle est un "making of" de pratiquement une heure. Une durée attractive qui fait pourtant déchanter puisque c'est pour ainsi dire en temps réel que l'on découvre le tournage vite épuisant d'une seule et unique séquence. Les acteurs bafouillent, ne trouvent pas nécessairement leurs marques, amusent la galerie... mais 60 minutes uniquement là-dessus devient vite pénible. On se retournera donc vers le commentaire audio, autrement plus instructif, qui permet au réalisateur - interviewé pour l'occasion – de dévoiler tout ou presque sur un film dont le décorticage demeure un luxe dont il faut profiter.
Ce qui est respectable dans After Death (titre original du machin qui s'est rebaptisé Zombie 4 pour mieux se vendre), c'est cette naïve tentative d'exister par tous les moyens. Une fois encore, le bis italien se transforme en Z américain. Pas seulement parce que Claudio Fragasso se grime sous le pseudo Clyde Anderson ou qu'il impose une bande son rock des années 80 pour faire comme les autres, mais surtout qu'il colle au plus prêt des règles les plus codifiés du cinéma de studio, recopiant mécaniquement le cahier des charges qui à devenir ringard. Ca, c'est le point positif.
Si tout le pognon a été dépensé dans une introduction à la photographie poussive et aux effets optiques aux effets dévastateurs, on bascule ensuite dans l'improbable croisement entre L'Agence tout risque et La Nuit des morts en pleine jungle équatoriale. Sans en avoir ni la folle énergie du premier, ou la maestria du second. C'est drôle, très drôle même (en français surtout, indispensable), mais ce délirant Z trouve vite ses limites, malgré un certain potentiel de gros bras mitrailleurs affrontant des zombies/pygmées/ninjas qui ne dépassera jamais le stade du sketch involontaire à rallonge. Folklo, mais pas trop. Dommage.
Par Arnaud Mangin