CINE : TOWELHEAD (COUP DE COEUR)
Tout sur TOWEL HEAD - La Critique - Photos - Le 2008-09-05 09:29:31Romain Le Vern 9
TOWELHEAD
Un film de Alan Ball
Avec Summer Bishil, Toni Collette, Aaron Eckhart, Maria Bello, Peter MacDissi
Durée : 2h04
Date de sortie : 12 Novembre 2008
TOWEL HEAD de alan ball
Comme dans Six Feet Under, Alan Ball ausculte les états d'une famille brisée, en manque total d'amour. Elle réunit Jasira, une adolescente d'origine libanaise qui découvre le désir sexuel en tombant sur les magazines masturbatoires du père de son jeune voisin ; un père de famille en quête d'une nouvelle peau qui essaye de s'intégrer à l'American way of Life en clamant son amour pour la politique de Bush ; et une mère absente qui privilégie son épanouissement personnel à celui de son enfant. A partir de ces personnages, il en développe d'autres, secondaires, qui interviennent de manière directe avec les membres de cette famille : un voisin patriote (Aaron Eckhart, toujours aussi sous-estimé) qui tente de masquer des pulsions inavouables derrière des valeurs et des drapeaux de pacotille ; une voisine secrètement taraudée par la maternité (Toni Collette, revenue de Little Miss Sunshine) qui découvre l'ambiguïté de ses bonnes intentions... A travers la peinture d'un microcosme, coeur névralgique des évolutions politiques d'un pays (la guerre du Golfe est évoquée en filigrane), Ball présente la fausse image que des hommes et des femmes essayent de véhiculer en société et révèle ce qui les titille secrètement. Entre les deux, un fossé vertigineux qui nourrit toute la substance du récit.
TOWEL HEAD de alan ball
Alan Ball gratte le vernis des apparences pour donner à voir ce que l'on ne voit généralement pas. C'est un détail mais il possède une vraie acuité pour cerner ce que l'on cache par pudeur. Qu'il s'agisse de suggérer la tristesse d'un père forcément maladroit qui ne sait pas comment gérer l'éducation de sa fille (lui qui a besoin de se reconstruire) ou de montrer la culpabilité dévastatrice d'un ricain cloisonné dans sa petite vie de famille US so clean, le cinéaste exploite un filon (scruter ce qui craquèle chez des gens comme vous et moi) qu'il connaît très bien pour l'avoir creusé pendant cinq saisons sur Six Feet Under. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, ce n'est pas de la facilité puisque l'exercice nécessite une vraie rigueur d'écriture - ce que Ball a toujours eu et ce depuis le scénario d'American Beauty, en grande partie responsable du succès du film de Sam Mendes - et surtout une capacité à se renouveler sans tomber dans la redite. Les amateurs de son travail seront en terrain conquis, bien plus que sur le pilote de sa récente série sur les vampires, True Blood, qui adoptait pour le coup un ton plus inhabituel. Son brio consiste à ne plaquer aucun jugement moralisateur sur les situations, à laisser le spectateur juger selon sa sensibilité et, surtout, à partir des clichés pour tendre à une dimension universelle.
[p1] [p2]





























