ITW KIM JEE-WOON : LE BON, LA BRUTE ET LE CINGLE
Tout sur LE BON, LA BRUTE ET LE CINGLE - La Critique - Photos - Le 2008-12-12 12:43:39LE BON, LA BRUTE ET LE CINGLE de kim jee-woon
Comment jouez-vous avec les codes des genres que vous abordez à chaque nouveau film ?
Depuis mon enfance, je suis un fan de cinéma de genre. Quand on me demande la définition du cinéma, je réponds souvent que c'est comme un voyage. Certains préfèrent rester sur des territoires qu'ils connaissent déjà, d'autres préfèrent aller vers l'inconnu. A chaque nouveau film, j'essaye de me lancer des défis, de fréquenter des genres totalement différents. Deux soeurs était un film fantastique très inspiré des ghost story des années 70, voire d'objets énigmatiques comme Pique-nique à Hanging Rock, de Peter Weir. Pour Le bon, la brute et le cinglé, je me suis essayé au western, non sans appréhension. Tout dépend si on décide de rester fidèle à un genre ou de torturer les conventions. Je ne suis pas aussi radical dans ma démarche. Je pense toujours au spectateur lorsque je tourne, de moins en moins à mon plaisir personnel. De manière générale et cela a toujours été comme ça, depuis mes premiers films, je vois les contorsions à un genre de deux manières. Il y a certains codes que le spectateur aime retrouver et d'autres qu'il peut trouver plus rébarbatifs. Ce que j'essaye à chaque fois, c'est de séparer ce qui séduit et ce qui ne séduit pas, d'en tenir compte et de réutiliser les ingrédients qui séduisent dans chaque scène. C'est avant tout un moyen d'attraction.
LE BON, LA BRUTE ET LE CINGLE de kim jee-woon
Quel est le risque ?
Le risque, c'est que les spectateurs n'aiment plus le western, aussi bien en Corée qu'ailleurs. Aujourd'hui, il est considéré comme un genre obsolète alors qu'à mon sens, il a su conserver un charme singulier. Pour Le bon, la brute et le cinglé, je me suis inspiré des westerns de Sergio Leone, essentiellement pour des questions de rythme. Un personnage qui dégaine un flingue correspond à un moment de suspense intense susceptible de fonctionner sur n'importe quelle catégorie de spectateur. En même temps, il permet de mettre en valeur des paysages et de tracer ainsi le parcours des personnages. On en comprend rapidement les enjeux et on les oublie assez facilement. Ce n'est que du pur divertissement. A l'inverse, on connaît tous les westerns crépusculaires mais il y a toujours moyen de faire du neuf avec du vieux. A l'époque où se déroule l'action du film, la Mandchourie était un terrain de rivalité des grandes puissances et elle était régie par la loi du plus fort. Dans un western, on veut voir celui qui est le plus fort en vie. C'est rassurant de voir le bien triompher du mal. L'ambition de Le bon, la brute et le cinglé, c'est de conquérir toute une génération qui ne connaît pas les standards occidentaux du genre en déplaçant la toile de fond et en essayant d'être à la fois drôle, simple et dynamique. Il y a encore trois genres que je n'ai pas abordé et que j'aimerais aborder : le film de science-fiction, très sombre, à la Blade Runner, le film d'action comme les Bourne Identity ou les thrillers, comme ceux des frères Coen. Ce sont les prochaines étapes.
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