Cela lui a valu d'être employé comme acteur (notamment dans Ne le dis à Personne de Guillaume Canet, dans Pour elle et dans Diamant 13 aux côtés de Gérard Depardieu, (sortie le 21 Janvier 2009). Tourmenté par son ancienne vie de flic qui lui a laissé des traces indélébiles, il n'a de cesse de sonder ses démons, de les exorciser dans de sublimes polars. Il est l'un des cinéastes qui crée des oeuvres à l'identité visuelle et thématique extrêmement forte dans un cinéma français trop souvent formaté. Il a contribué à remettre et renouveler l'approche des films policiers en France, utilisant des références américaines, des admirations revendiquées (Sean Penn, Michael Mann, Michael Cimino ou Sidney Lumet).
Il a surtout sublimé une expérience douloureuse, intime et bouleversante, en particulier avec MR73.
mr73
De 1980 à 1992, Olivier Marchal a travaillé dans la police (jusqu'à être Capitaine). Quand il parle de cet épisode de sa vie, l'émotion est forte, comme s'il explorait une blessure encore ouverte et toujours présente. Il est hanté par des enquêtes qu'il a menées, des agissements dont il a été témoin et qui l'ont marqué au fer rouge. Peut-être a t'il admis un jour qu'il n'était pas fait pour cette voie. « Trop sensible » avouait-il d'une voix triste et désabusée. Mais c'est précisément cette sensibilité qui fait la richesse de ses réalisations, leur donnant valeur de grandes tragédies classiques. Elles sont bien davantage que de simples témoignages. On sent évidemment le poids des démons, des souvenirs, la frontière quasi inexistante entre les flics et les voyous, la souffrance d'avoir à supporter le spectacle de la nature humaine dans ce qu'elle a de pire ou de plus corrompu.
DIAMANT 13 de gilles béhat
C'est d'abord comme acteur et comme policier que la carrière de Marchal débute. Il commence dans Ne Réveillez pas un flic qui dort de José Pinheiro en 1988, participe à des productions télévisées comme Quai n°1, témoigne sur le Dur métier de policier de Vincent Ravalec en 1995. Il se remet de son ancienne carrière. Marqué par elle, il en assume les cicatrices et les blessures, en dévoilant la rugueuse souffrance. Comme acteur, il a une présence impressionnante, une densité, un charisme farouche et vulnérable. Il est un homme blessé, en contact avec la part d'ombre de notre société. Au fur et à mesure qu'il se fait un nom, il se constitue une tribu de cinéma, notamment auprès de Frédéric Schoendoerffer pour qui il jouera dans Truands. Il retrouve également sans cesse une même troupe d'acteurs pour ses réalisations (dont sa femme Catherine Marchal ou Guy Lecluyse et même Daniel Auteuil dont il a gagné la confiance avec 36 quai des orfèvres).
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