Romain Le Vern 4
LA VILLE FANTOME
Un film de David Koepp
Avec Ricky Gervais, Greg Kinnear, Téa Leoni
Durée : 1h44
LA VILLE FANTOME de david koepp
Essentiellement connu comme scénariste (Jurassic Park, Mission Impossible), David Koepp avait sans doute besoin de trouver un peu de sérénité après Fenêtre secrète, son précédent long-métrage, adaptation Hitchcockienne d'un roman de Stephen King avec Johnny Depp en écrivain déprimé et John Turturro en double maléfique, qui devait beaucoup à la conclusion amorale, à deux trois tours de passe-passe et à l'interprétation solide d'un comédien caméléon capable de faire avaler des couleuvres. Avec sa tonalité moins sombre, La vile fantôme ressemble à une bouffée d'oxygène et, contrairement à ce que l'on pourrait croire, David Koepp ne va pas chercher à lorgner vers un climat angoissant, riche en mystère et en épouvante. Au contraire : son récit se situe plus dans la comédie fantastique, à mi-chemin entre Pour le pire et pour le meilleur (l'homme rabougri qui se rachète une conduite humaniste au contact d'une voisine endeuillée) et Ghost (des fantômes cherchent à communiquer avec leurs amours vivantes), avec une enluminure humanisante à la Frank Capra.
LA VILLE FANTOME de david koepp
La construction du récit n'est hélas pas à la hauteur des prémisses. Plus le film avance, plus il suit l'évolution prévisible d'un personnage psychologiquement déterminé qui, de bougon, s'humanise et finit par répandre le bien autour de lui. On peut regretter que David Koepp n'ait pas gardé le mordant des premières scènes pour tomber dans un humour de sitcom un peu convenu avec quiproquos, jeux de mots et situations nonsensiques. De la même façon, les faiblesses du scénario, écrit à quatre mains avec John Kamps, ne sont pas transcendées par un peu de virtuosité formelle ; sa mise en scène étant en mode opérationnel avec deux trois plans de grue pour donner du style et des champs/contre-champs pour illustrer les dialogues. Dans le meilleur des cas, ça donne la possibilité à un public profane de découvrir Ricky Gervais, tempérament comique inconnu en France. Mais, à l'arrivée, La ville fantôme préfère le sentimentalisme à une dimension métaphysique et troublante, plus proche des précédents films de David Koepp.
Romain Le Vern
































