Gilles Botineau 7
CELLE QUE J'AIME
Un film de Elie Chouraqui
Avec Barbara Schulz, Marc Lavoine, Anton Balekdjian, Anton Balekdjian, Gérard Darmon
Durée : 1h42
POUR - Gilles Botineau
Elie Chouraqui est un cinéaste décidemment touche-à-tout. Après avoir signé des drames tels que Harrison's Flowers et O Jérusalem, il s'attaque aujourd'hui au genre « comique ». A cette occasion, il fait appel à la charmante Barbara Schulz, et à deux acteurs phares du film
Mais l'essence-même du film repose également sur un petit garçon du nom d'Anton Balekdjian, déjà vu dans Big City. L'histoire nous est ainsi racontée de son point de vue. Le long-métrage débute d'ailleurs par la voix off d'un jeune homme adulte, se remémorant une enfance plutôt mouvementée.
CELLE QUE J'AIME de elie chouraqui
Achille, dix ans, habite seul avec sa mère, la trentaine, active, épanouie, et dont la vie sentimentale se porte tout aussi bien. En effet, elle vit depuis onze mois une histoire d'amour cachée mais intense avec Antoine. Lorsqu'elle lui propose de s'installer dans son appartement, Achille réagit assez mal, et ne peut supporter l'idée de partager sa mère dont il est lui aussi, et à sa façon, très « amoureux ». Voilà pourquoi il ne compte pas se laisser faire...
Pour être franc et honnête, Celle que j'aime ne révolutionnera certainement pas l'Histoire du Septième Art, ni même celui de la comédie sentimentale voire dramatique. Pourtant, on se laisse curieusement séduire par ce film certes sans prétention mais rudement efficace. La qualité principale se trouve en grande partie dans le casting. Il est vrai qu'Elie Chouraqui ne prend pas énormément de risques. Le duo Lavoine/Darmon n'est pas nouveau et a déjà séduit quelques millions de spectateurs. Quoi qu'il en soit, il fonctionne ici à plein régime et se révèle même encore plus drôle de par leur « fonction » respective, l'un étant l'ex-mari, l'autre le nouvel amant. Ainsi donc, Darmon joue l'ironie avec beaucoup de classe, face à Lavoine, touchant d'innocence. Ils forment ensemble un couple d'antagonistes un peu classique, mais à la truculence rare. En outre, chacun possède un charisme aussi bien d'un point de vue physique que vocal, auquel on ne saurait résister. Leur apparition se révèle alors être un véritable régal dont on ne se lasse à aucun moment. Face à eux, la jeune et toujours aussi belle Barbara Schulz illumine l'écran, de par ses nombreuses scènes de nu (filmées avec délicatesse et pudeur), mais également en interprétant un personnage fort en gueule particulièrement irrésistible. Tour à tour croqueuse d'hommes et grand manager, aucun ne semble lui résister. L'actrice porte son rôle avec beaucoup de convictions, en évitant toutes lourdeurs abusives, aidée par une grâce rayonnante.
CELLE QUE J'AIME de elie chouraqui
Même son « petit garçon » en est fou. Du haut de sa dizaine d'années, Anton Balekdjian réussit à s'imposer au milieu de ces « monstres sacrés », et offre une justesse dans le jeu, bien au delà de ses nombreux « camarades » vedettes de productions concurrentes. Il n'est pas l'attrait essentiel, mais ajoute à la qualité de l'ensemble. Ainsi, il passe avec aisance de la tendresse à la drôlerie, et de la malice à la cruauté. Un jeune acteur étonnant comme on aimerait en voir plus souvent.
Elie Chouraqui signe donc un nouveau long-métrage extrêmement divertissant, avec un scénario peut-être banal, mais l'auteur réserve suffisamment de gags et de surprises pour conserver pleinement notre intérêt du début jusqu'à la fin. Quant à la mise en scène, parfois trop expressive (des ralentis inutiles, une musique redondante), elle permet tout de même une mise en valeur des comédiens très attrayante. Un joli rayon de soleil prévu pour le Printemps...
Gilles Botineau
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