Une fois que l'on réalise que le film est vieux de 63 ans, on ne peut qu'applaudir le travail de restauration de Studio Canal même si l'éditeur semble avoir oublié de nettoyer quelques moments du film. Ces derniers accusent un grain très présent. Mais dans l'ensemble, les master est très propre, le noir & blanc étincelant et la compression ne soufre d'aucun défaut majeur. On notera tout de même un très léger bruit vidéo sur certains plans.
Un mono bi-canaux parfois trop sourd et manquant parfois quelque peu de finesse. Mais le charme est respecté et les dialogues tout à fait intelligibles.
Un menu fixe mais musical.
Côté bonus, vous trouverez de quoi calmer votre appétit : les filmographies de Marcel Carné, Pierre Brasseur, Jean Gabin, Michèle Morgan et de Michel Simon, une galerie de photos du tournage et de différentes affiches, la bande annonce originale et une présentation du film par Jean Ollé-Laprune (4mn33), un extrait de l'émission Le club de Ciné Classics animé par Pierre Tchernia (5mn05) en compagnie de ...Bernard Menez.
Les meilleurs moments de cette édition sont sans conteste l'interview de Michèle Morgan extraite de l'émission ‘'Tête d'affiche'' de 1967 (10mn04) et l'entretien de Marcel Carné extrait de l'émission ‘'Figures'' de 1989. Dans le premier, la comédienne nous parle de ses débuts d'actrice, ses cours de comédie et son enfance dans la capitale. Dans le second, on retrouve le réalisateur Marcel Carné nous parlant de son film et de ses acteurs (3mn30).Un grand moment pour les nostalgiques.
Pour finir, l'éditeur nous sert une revue de presse illustrée par les critiques de l'époque.
Déserteur, Jean débarque au Havre afin de quitter le pays. Il y rencontre Nelly et c'est le coup de foudre. Au moment où il se croit sauvé, un destin tragique va l'emporter, malgré la passion de Nelly et sa nouvelle envie de vivre.
Un chef d'oeuvre du patrimoine français
Situé dans le temps entre Drôle de drame et Hôtel du Nord, Quai des Brumes fit couler beaucoup d'encre lors de sa présentation au festival de Venise en 1938. Car, malgré son inscription dans un domaine poétique, le film met en avant un déserteur et une morale jugée subversive à l'époque. Il faudra alors quelques années au monde pour réaliser quel film ils avaient devant les yeux : un des plus grands films de notre temps !
Qui ne se souvient pas des dialogues de Jacques Prévert : ‘'T'as de beaux yeux tu sais...'' et du couple qui les ont rendus célèbres. La rencontre Morgan/Gabin fait tout simplement des étincelles et les placera au Panthéon des monstres sacrés du cinéma français.
Une perle à redécouvrir !
Par Pascal Faber