Un des plus gros regrets que l'on peut émettre sur cette édition est celui de la qualité de la bande vidéo. Fourmillante, délavée, poussiéreuse... l'image n'a rien de bien supérieure techniquement à celle qu'on pouvait déjà voir sur nos vieilles VHS. Lorsque les passages TV sont diffusés à l'intérieur du film, c'est encore pire et tout est flou.
Une bande en mono 2.0 peut elle vraiment rendre hommage à un tel chef d'oeuvre ? On aurait été en droit de s'attendre à quelque chose de plus moderne ou du moins, de plus travaillé, car cette unique piste sonore n'est pas des plus fameuse. Certains passages (rares heureusement) sont presque inaudibles...
Le Making of du film comble tant bien que mal l'absence de commentaire audio par sa longueur (17 minutes) et surtout par la richesse des propos tenus par le maître de cérémonie : Martin Scorsese. Sandra Bernhard (qui interprète Masha) évoque elle aussi ses souvenirs du tournage. Point de De Niro ni Jerry Lewis au menu, c'est dommage. Deux scènes inédites (dont une de 37 secondes !) sont elle aussi incluses dans les bonus : une où un couple interrompt Jerry dans la rue, et une seconde où il tient un monologue dans son show TV (il s'agit en fait de l'intégralité d'une scène diffusée partiellement dans le film).
Les histoires qui mettent en scène des fous sont presque toujours fascinantes. Et lorsque Robert De Niro tient le rôle du fou, ça l'est d'autant plus. Sept ans après nous avoir prouvé que quiconque était susceptible de disjoncter d'un moment à l'autre – dans Taxi Driver - il revient, cette fois ci dans la peau d'un fanatique du comédien Jerry Langford.
La valse des pantins est un de ces bijoux qu'on ne se lasse jamais d'admirer tant il démarque de tout le reste par son histoire abracadabrante et sa mise en scène. Malgré un casting très limité dans son nombre (quatre personnages principaux et autant de secondaires) Martin Scorsese nous offre sur un plateau d'argent ce qui se fait de mieux en matière d'interprétation. Jerry Lewis et Robert De Niro y sont tout simplement époustouflants ! Et malgré le statut qu'ils occupent dans le film (l'un est une star de la comédie, l'autre un simple fanatique) le spectateur ne s'attachera pas à celui qui est pourtant le plus « normal » des deux. Comment faire pour ne pas adopter cet étrange rêveur compulsif (De Niro) qui ira jusqu'à enlever son idole pour prouver au monde ce dont il est capable ?
Malgré le côté très américain en matière d'excès, l'histoire (signée Paul D.Zimmerman) est passionnante et pas si incrédule qu'on pourrait le croire. Ses tiraillements dans des directions inattendues et retournements de situation qui ne cessent de surprendre jusqu'au bouquet final (une des fins les plus magnifique et jouissive qu'on ait jamais vu) tiennent en halène durant toute la projection. On adore !
Par Gui