Pardonne, Mozart, pardonne à ton assassin , rongé par le remords, Antonio Saliéri, nous raconte l'histoire de celui qu'il n'a cessé d'écraser. Compositeur officiel de la Cour, il fut saisi en écoutant Mozart jouer et fut le seul à comprendre que ce jeune singe vulgaire et obscène était un génie. Jaloux que Dieu lui est donné un tel don chaque mesure rendait sa défaite plus amère, Saliéri qui est le compositeur officiel de la Cour cherche à le frapper. Il ne reviendra vers lui que pour l'aider à achever sa dernière oeuvre, son requiem.
Milos Forman a choisi de s'attaquer au parcours saisissant et bouleversant d'un être exceptionnel. Il est difficile de parler à chaud d'un tel film, on est encore sous le charme et on ne trouve pas forcément les mots. Derrière le metteur en scène qui sait admirablement diriger son équipe et soigner la forme de chaque plan, se cache un poète qui illumine ses images. La lumière, les costumes, les décors, chaque note est soignée pour un résultat des plus harmonieux. De même que Valmont se révèle être un véritable tableau, une adaptation presque musicale des Liaisons dangereusesde Choderlos de Laclos, Amadéus est une véritable symphonie magistralement orchestrée et jouée par de remarquables comédiens. Un chef d'oeuvre récompensé par 8 oscars qu'il faut absolument voir et écouter même si vous n'êtes pas un mélomane averti.