Il aura fallu bien longtemps à l'éditeur pour se décider à nous sortir cette édition tant convoitée par les fans de Pacino, les littéraires, les comédiens et les curieux. Malheureusement l'attente n'est guère récompensée. Si l'on tient compte de la sortie il y a maintenant quelques années en Laserdisc, le transfert se montre un cran en dessous en matière de définition. On note un master granuleux, parfois à l'excès, qui même s'il retranscrit l'aspect documentaire du film voulu par Pacino, entrave par moment la vision du film. On note également de nombreux fourmillements dans les arrières plans et de nombreux artéfacts de compression. Une image regardable certes, mais tout de même décevante.
Même si la version Dolby Surround française nous rend les dialogues plus clairs et amples, privilégiez la version Dolby Digital 5.1 anglaise, qui si elle n'apporte rien en terme d'exploitation des canaux arrières, nous procure un naturel bien plus envoûtant.
Quel dommage que l'éditeur n'est pas cherché un peu plus dans ses archives afin de nous livrer une édition digne du film. Aucun bonus.
Richard III de Shakespeare occupe une place paradoxale dans l'univers du théâtre. C'est la pièce la plus jouée dans le monde, mais aussi la plus difficile à cerner. Avec l'aide du metteur en scène Frederic Kimball, Al Pacino en montre les moments clés avec autant de talent que d'humour. C'est l'occasion pour lui d'interroger le public ainsi que des artistes célèbres sur leur vision de Richard III, ce monstre fou de pouvoir.
Al Pacino aurait très bien pu nous livrer sa version de Richard III, pour avoir lui-même incarné le personnage sur scène, mais l'homme préfère nous mettre face à ses propres interrogations, ses doutes, ses envies et questionnements pour cette oeuvre théâtrale foisonnante. Il donne la parole aux acteurs (vedettes ou non), questionne le public, organise des séances de lecture, de travail, réalise certaines scènes en costumes, ère sur les toits déclamant la poésie du maître.
Une oeuvre que tout professeurs d'art dramatique devraient mettre dans les mains des jeunes comédiens qui leur font confiance afin de leur montrer ce qu'est le travail d'un acteur, comment on travail sur un texte et l'investissement personnel que cela nécessite.
Deux ans de cours de théâtre en deux heures de film, soit autant d'argent économisé pour mieux réfléchir sur son métier. A voir absolument !
Par Pascal Faber