Deux éléments sont à retenir dans
Les dents de la mer : le requin bien entendu, mais aussi et surtout l'extraordinaire bande originale de John Williams.
VO comme VF, les deux pistes
Dolby Digital s'évertueront donc à nous en mettre plein les oreilles via une épatante ouverture frontale n'en donnant que plus d'ampleur à la musique. Pas ou peu d'effets surround ou même stéréo artificiels à bord qui justifieraient bêtement l'utilisation des 5 canaux, et c'est d'ailleurs préférable. On conserve ainsi tout le charme de la bande son mono découverte en salle tout en y gagnant une limpidité sans le moindre souffle et une certaine puissance sonore.
n parlant de puissance, la piste DTS française ne fait qu'appuyer un peu plus cette sensation de rouleau compresseur en alourdissant un peu plus le caisson de basse. Une bonne chose lorsque l'on sait que la composition de John Williams est principalement composée de notes graves.

Alors pourquoi une note si moyenne ? Tout simplement parce que l'impensable a été pensé et effectué. Pour satisfaire le consommateur de base allergique aux versions originales mais bien accro au gros son pour retourner son salon, il fallait bien entendu une nouvelle piste sonore de premier ordre, quitte à sacrifier les voix d'origine.
Nouveau doublage français donc, mais surtout nouveaux comédiens derrière le micro (Robert Shaw écoppe du doubleur français de Michael Douglas et Michael Chiklis dans
The Shield. Richard Dreyfuss celui de Oliver Platt) et quelques nouvelles variantes dans les dialogues qui restent globalement très fidèles au travail de 1975, mais changent parfois de registre.
Ainsi dans la scène des deux pécheurs à la 25ème minute, alors que nous étions tous habitués à "J'ai embarqué le rosbeef de la bourgeoise !", il faudra maintenant se faire à " J'ai pris le rosbeef que ma femme a acheté !". Trahison d'autant plus honteuse puisque les personnages parlent hors champs lors de cette séquence, le mouvement des lèvres ne serait donc pas un problème. Pire encore, cette édition qu'on peut espérer complète ne propose même pas notre bonne vieille mono d'origine. Une infamie en quelque sorte. Certes l'acoustique est bien au rendez vous, mais il y a certaines choses auxquelles il ne vaudrait mieux pas toucher.