Les transferts des huit épisodes de la série préservent l'aspect glauque des diffusions télévisées et même si l'étalonnage original peut paraître parfois étrange (mais il s'agit d'un choix artistique), la palette chromatique respecte les volontés du directeur de la photographie. On notera néanmoins un grain un peu trop prononcé mais n'entachant pas la définition générale et la compression parvient à se faire une belle place grâce à une fluidité très correcte.
La piste stéréo française fait preuve d'une excellente dynamique donnant aux dialogues une belle agressivité sur la voie centrale. La clarté est au rendez-vous et l'ouverture frontale se fait dans un élan de générosité.
Seul bonus, un lien Internet.
Les personnages : un jeune substitut du procureur humain et impliqué, un juge d'instruction tranchant et incorruptible, une avocate aussi jolie qu'ambitieuse, une jeune flic reconnue pour son professionnalisme, nous font découvrir le décor et l'envers du décors, la justice et le pouvoir. Ils travaillent et se croisent sur des affaires judiciaires très inspirées du réel. Mais c'est une grande histoire qui commence par le corps d'une inconnue qui impliquera un à un les personnages, de façon très personnelle pour certains. Jusqu'à changer leur vie.
Canal + s'immisce de plus en plus dans le monde de la série télé et nous livre avec Engrenages une série policière glauque, noire à souhait, alignant les cadavres les uns derrière les autres, des affaires malsaines, un sens de la morale laissé aux oubliettes (parfois un peu trop, mais pourquoi pas). Les scénaristes, même si l'on peut noter quelques invraisemblablement, semblent bien maîtriser les rouages du système judiciaire français. On pourra par moment regretter des affaires tirées par les cheveux et au dénouement un rien alambiqué, mais cette nouvelle série tient ses promesses et l'on souhaite ardemment que ce renouveau de la série française continuera dans cette lignée.
D'un point de vue de la distribution, on ne trouve pas grand-chose à redire car les comédiens se jettent à 200% dans cet univers austère. Petit bémol cependant, on aurait souhaité des personnages un peu plus fouillés, aux facettes un poil plus ambigues, mais il est fort à parier que le tir sera rectifié lors d'une seconde saison.
Par Benjamin Bach