Techniquement, rien à redire. Warner soigne tout particulièrement son édition en nous proposant non seulement une compression bénéficiant d'une fluidité à toute épreuve, mais également une colorimétrie aux petits oignons, des contrastes d'une belle profondeur et une définition accusant un très bon sens du détail. De quoi redécouvrir cette comédie franchouillarde dans de très bonnes conditions.
Si la piste DTS se montre un cran au dessus du mixage Dolby Digital 5.1, l'une comme l'autre parviennent sans le moindre mal à tirer leur épingle du jeu. Les dialogues accusent une belle clarté et se détachent à la perfection des différentes ambiances. Quand aux voies surround, elles nous délivrent un relief des plus plaisants pour une comédie.
Côté bonus, il faudra se contenter du minimum syndical, mais compte tenu de la qualité du film, on ne va pas s'en plaindre. On ne trouvera donc qu'un petit making of (12mn38) ne dépassant que très rarement le stade du promotionnel. Chacun tente de faire preuve d'un peu d'humour, mais on s'ennuie bien vite.
François de la Conche, aristocrate bourré de principe et ancien diplomate, accepte de reprendre du service pour sauver la France ! Sa mission est simple, aller à Londres et remettre 25 millions de dollars à Viktor Zilenko, un ex du KGB reconverti en trafiquant d'armes pour récupérer une puce dérobée aux Russes. Mais catastrophe ! Au moment de partir, il se rend compte que son interprète habituel n'a pas pu venir et a été remplacé au pied levé par Jean-Pierre Moindreau, un individu aux antipodes de ses valeurs morales.
Si la comédie d'espionnage à la française a déjà fait ses preuves, on se rappelle de La Totale de Zidi ou plus récemment OSS 117, cette Entente cordiale la replace malheureusement à un niveau bien au ras des pâquerettes. Pourtant le réalisateur Vincent de Brus s'octroie un certain luxe avec la présence de quelques stars britanniques habituées au répertoire loufoque (John Cleese et Jennifer Saunders). Mais cette comédie se prend soit bien trop au sérieux, soit pas assez et la prétention prend vite le pas sur le ton désiré. Clavier, égal à lui-même dans la médiocrité, forme avec Auteuil un tandem improbable et la mayonnaise a bien du mal à prendre. On suit tant bien que mal les pérégrinations de ce duo propulsé dans un univers qui le dépasse et malgré toute la bonne volonté du monde, on décroche très vite et cette Entente cordiale ne ressemble guère plus qu'à un pétard mouillé.
Par Benjamin Bach