Artistiquement parlant, la mise en scène demeure particulièrement médiocre puisque conquis par sa caméra numérique, le réalisateur s'est contenté de filmer sans jamais choisir une certaine optique (une focale courte qui suit perpétuellement ses acteurs à distance, point barre). Mais ça reste tout de même une caméra numérique, donc nette, et qui aurait aisément pu concourir à un DVD de très bonne qualité si le transfert s'était montré plus pointu.
C'est malheureux à dire, mais techniquement parlant, ce très mauvais film peu se targuer d'offrir une bande son démentielle. En 2.0 (anglais et français) comme en 5.1 (français uniquement), on bénéficie d'une présence cinglante, en plus particulièrement d'un univers frontal appuyé par des basses joyeusement agressives.
Pas de bonus, et tant mieux ! Notons tout de même qu'un deuxième disque est proposé avec Le Jour des Morts vivants, le vrai, dont le contenu est identique à la version restaurée proposée par l'éditeur il y a quelques mois dans le coffret 5 DVD Romero. C'est de toute façon celui-ci qu'il faut acheter...
Comme diraient Les Inconnus : le bon fan, il aime un film et il essaie de lui rendre hommage spontanément. Le mauvais fan, il aime un film et il essaie de lui rendre hommage spontanément... mais c'est un mauvais fan. Voilà le syndrome dont souffre Le Jour des morts vivants 2, fan film à deux sous entièrement bricolé avec des musiques et des effets vidéos en téléchargement libres sur le net. Mais qui n'a décidemment pas pigé que pour faire un film de zombies, il ne suffisait pas d'avancer en meuglant avec un morceau de Charal entre les dents. Taurus entairtainment est une association de geeks pur jus qui idolâtrent tellement George Romero qu'ils essaient bêtement de faire des suites à leurs films préférés sans trop vraiment en demander l'accord mais surtout sans savoir faire de cinéma.
En résulte un machin tourné en numérique (parce que ça coûte moins cher) mais si mal utilisé qu'on n'aurait pas vu la différence s'il s'était agit d'une bonne DV, joué par les mêmes geeks qui ont la prétention de s'exprimer au nom des vrais fans (ceux qui n'exhument pas les sépultures et se contentent d'apprécier) et qui ne sont bien évidemment pas à la hauteur de leur ridicule petit nombril. Situer l'intrigue dans un centre pour débiles et laisser moisir l'intrigue pendant les ¾ du film n'aidant en rien. C'est juste nul, inutile et insultant pour l'oeuvre de Romero. D'ailleurs s'il était mort, il se retournerait dans sa tombe...
Par Arnaud Mangin