LE TOP 20 DES LECTEURS : Donald Kaufman
Voici mon top 20 qui ne se fait pas passer pour un archivage des films à sauver dans un panthéon quelconque en cas de collision entre la terre et une comète maladroite (les panthéons sont pour moi des stands de tirs idéals), ni pour un top 20 « de bon goût pour la petite société cinéphile et présentable à ma mère », c'est simplement des films sur lesquels je suis profondément affecté, ému, surpris, interloqué, fasciné, et révolté. Comme les films parlent de la vie et de ses drames, j'espère que certains offriront la possibilité de débattre cette même vie et de sa représentation à l'écran, la liberté d'expression restant le terrain idéal pour vaincre les tabous et améliorant ainsi la société par le débat et la compréhension. Certains films ne sont pas ici que pour comparer nos goûts, mais pour créer un véritable questionnement sur l'humain, qui reste le fondement, la base et le matériau premier d'une histoire.

20. Le Nom de la Rose - Jean-Jacques Annaud - 1985
Un polar ésotérique 20 ans avant Dan Brown ! L'atmosphère, le jeu des comédiens et la majesté des décors façonnent cette histoire inquiétante (merci pour les bizarreries comme le léchage libidineux de livres, les meurtres stupides ou les moines qui se fouettent !), bien qu'une fabuleuse galerie de trognes y contribue pour beaucoup (casting chez Fluide Glacial !). Ce film propose en outre de belles idées comme la bibliothèque/labyrinthe, un point de vue intéressant sur le sens du savoir et arrive à rendre captivant les débats religieux de l'époque. Mais où est ma bure, bon Dieu ?
19. Massacre à la tronçonneuse - Tobe Hooper - 1974
Un film éprouvant pour les nerfs, dont la tension doit beaucoup à la bande sonore inventive qui permet au film de faire naître la peur sans en montrer beaucoup (la suggestion est la marque des esprits imaginatifs). Cette expérience étrange qu'est ce voyage au bout du glauque est néanmoins originale et unique sur deux points : le sous texte politique (le réalisateur était un hippie engagé à dénoncer une Amérique déviante et dérangée) et une certaine dimension poétique qui doit échapper malheureusement à beaucoup. Le repas en famille est le pire auquel on ne m'a jamais convié sur un écran de cinéma (La Grande Bouffe, ça reste ludique !) et on en est presque attendrit par Leatherface devant l'humanité sous vide des autres membres de son clan. Un film le matin, au petit déjeuner.
18. Boogie Nights - Paul Thomas Anderson - 1997
Librement inspiré des aventures fantastiques et périlleuses de la star du X John Holmes, le film d'Anderson devient un hymne à l'hédonisme, l'histoire d'une famille qui se fait et se défait autour de deux décennies. Riche en anecdotes sur le milieu du porno (qui reste une solution idéale de reconversion aux exhibitionnistes et nymphomanes !), ce film se présente comme une saga aux personnages hauts en couleur qui vont constituer un Royaume (dont le prince en détient l'Excalibur : une quéquette de 33 cm !) avec grandeur et décadence. Stylistiquement riche, c'est le film de la maturité pour son créateur qui digère ses influences pour mieux enfiévrer son spectateur par sa virtuosité. Mark Wahlberg truculent dans son personnage de star conne et vaniteuse, Julianne Moore adorable en nympho paumée et Burt Reynolds inoubliable en réalisateur de Boulards touché par la grâce artistique !


























