Qu'est-ce qui caractérise un mauvais film ? Les réponses sont aussi nombreuses que variées. Une absence totale d'histoire pour certains, un film sans fond (ou sans forme) pour d'autres, un film au montage désastreux pour les suivants, et j'en passe... Bref, les hypothèses sont légion, et il est souvent très difficile de trancher. Voilà pourquoi je ne me suis pas trop emmêlé les pinceaux pour construire mon Flop 20, justifiant chaque choix par diverses raisons. Bien sûr, je ne connaîs pas le plus mauvais film de tous les temps (en admettant qu'il existe...), je m'excuse auprès des lecteurs si j'en ai oublié (n'hésitez pas à me dire lesquels !), mais voilà quelques spécimens de choix qui m'ont donné envie, pour la plupart, de gueuler violemment contre l'industrie du cinéma (même si trois d'entre eux m'ont rappelé qu'un gros navet peut parfois être divertissant !). Gare aux dégâts !!!
20 - Les percutés (Gérard Cuq)
Avertissement : les trois derniers films de ce Flop 20 (les 18, 19 et 20) sont pour moi de très gros navets, mais qui m'ont souvent procuré un certain plaisir... Je commence déjà par Les percutés, de Gérard Cuq. Très vite retiré des salles, ce film m'avait intéressé pour plusieurs raisons. Déjà, il s'agissait apparemment d'un film bordélique qui mélangeait tous les genres (on passe du polar ultraviolent à la comédie absurde, en passant par le fantastique et le film d'horreur). Ensuite, la présence au générique de la sublime Ingrid Chauvin (à ma connaissance, il s'agit du seul film de cinéma qu'elle ait fait)... J'ai donc attendu la diffusion sur M6... et à vrai dire, je ne savais vraiment pas quoi en penser ! Le film mélange l'hyperviolence d'un Dobermann avec l'absurdité d'un film de Takashi Miike, ne s'encourage jamais d'une quelconque crédibilité, et se finit carrément en queue de poisson ! Mais son aspect bordélique m'a justement frappé : ça va souvent très loin (parfois un peu trop), et au final, on aura éprouvé toutes sortes de sensations extrêmes. On peut détester ou trouver ça amusant, voire complètement barge, mais bon... A chacun son avis !
19 - Plan 9 from outer space (Edward Wood)
Le plus mauvais film de l'histoire du cinéma ? Oui... et non. Les défauts du film sont nombreux : les soucoupes volantes sont des assiettes en carton, les décors sont des images d'archive ou du carton-pâte ridicule, les acteurs sont aussi convaincants que Christophe Lambert en Vercingétorix, la réalisation est pourrie... Mais le film a ses bons côtés. Pour mémoire, il paraît que lorsque l'un de ses acteurs est mort sur le tournage, le cinéaste Ed Wood a lui-même demandé à réutiliser le même plan de son acteur plusieurs fois, voire même à sa femme de le remplacer ! De bricolages ratés en catastrophes diverses, Plan 9 from outer space mérite sa place dans ce Flop 20, mais son côté “ça colle pas, je m'en fous, je tourne quand même” vaut assurément le détour !
18 - Va te faire foutre, Freddy ! (Tom Green)
Plus trash que ça, tu meurs !!! Pour son premier “film”, Tom Green n'a pas repoussé les limites, il les a explosées. A côté de lui, Michaël Youn, Alain Chabat, Jim Carrey et Sacha Baron Cohen (Borat) sont aussi vulgaires et irrévérencieux que Casimir ! Rien d'étonnant à ce que ce film ait raflé toutes les récompenses aux Razzies Awards. Rien d'étonnant à ce que Tom Green soit lui-même venu chercher son trophée (il assume volontairement la connerie de son film !). Mais venons-en aux détails... Le scénario ? Un débile immature qui pourrit la vie de son entourage, et qui veut écrire un dessin animé. Les acteurs ? Tous nuls (y compris Drew Barrymore, qui fait une petite apparition). La mise en scène ? Inexistante. Les dialogues ? Atroces. Ajoutez à cela des scènes d'une trasherie hallucinante (le héros branle un cheval et un éléphant, suce la blessure d'un ami, joue avec un bébé, tranche son cordon ombilical, etc...), une fin stupide qui ne veut rien dire, et le film ressemble à un trauma cinématographique... Pourtant, malgré la nullité extrême du résultat, quelque chose a retenu mon attention : le fait que le réalisateur ne se soucie pas des limites du genre, qu'il aille si loin dans la nullité et dans l'absurde qu'on finit par trouver l'ensemble sympathique. A chaque fois que je montre le film à quelqu'un, ça produit son petit effet, qu'on aime ou pas. Bref, à condition de laisser son cerveau au placard, on peut y prendre un certain pied.




















