CINE : LITTLE CHILDREN
LITTLE CHILDREN
Un film de Todd Field
Avec Kate Winslet, Jennifer Connelly, Patrick Wilson
Durée : 2h20min
Date de sortie : 24 janvier 2007
Un homme (Patrick Wilson, révélation de Hard Candy, ici en playboy du bac à sable) et une femme (Kate Winslet, métamorphosée), tous deux mal mariés et flanqués de marmots, multiplient les regards équivoques et tombent progressivement sous le charme de l'autre. Leur relation adultérine complexifiée par les cruelles lois de l'amour est au centre de plusieurs petites histoires parallèles où les gens n'obéissent qu'aux préjugés les plus hâtifs. Tout ça étalé sur presque 2h30. Ennui ? Heureusement, non. On sort de Little Children, parabole Bovaryste sur une histoire d'amour impossible dans un univers conformiste et puritain, plutôt enthousiaste compte tenu de ses qualités intrinsèques. Et, pourtant, un inexplicable sentiment de frustration empêche le déferlement de dithyrambes.
A première vue, ce film choral qui prend la forme du thriller psychologique donne l'impression d'entasser les lieux communs de la chronique banlieusarde américaine avec la dichotomie de Lynch entre ce qui se passe en surface (les sourires, les formules de politesse marquées, les blancs dans les conversations) et en profondeur (les crissements intérieurs, le mal-être maladroitement dissimulé, le désir interdit qui travaille au corps et à la raison). En réalité, le réalisateur Todd Field, ennemi de la complaisance et partisan d'une émotion subtile, pose des bases sures avant d'entrer dans le vif tragique, introduit des personnages comme autant de coeurs névralgiques sur le point d'exploser et radiographie en se contentant de capter les petits faux-semblants qui annihilent toute sincérité l'horreur de l'hypocrisie sociale où l'individu et son épanouissement personnel succombent sous le poids des contingences. Les chassés-croisés tragicomiques de cette chronique de moeurs où des personnages se reluquent, s'attirent, s'aimantent, se détestent et se loupent recèlent un humour misanthrope en habit poli du désespoir. Jusque là, très bien.


























