AVIS A CHAUD : ROGUE, DE GREG MCLEAN
Tout sur SOLITAIRE - La Critique - Photos - Le 2008-08-02 02:53:47ROGUE
Un film de Greg McLean
Avec Michael Vartan, Radha Mitchell, Sam Worthington
Date de sortie : prochainement
Le méchant croco est de retour! L'une des dernières fois où on l'a vu au cinoche, c'était dans Lake Placid, de Steve Miner, copie carbone de Anaconda (souvenez-vous Jennifer Lopez, John Voight, un lac, une bébête) dans lequel de bons acteurs à la ramasse (Bill Pullman, Bridget Fonda, Brendan Gleeson, Oliver Platt) faisaient strictement n'importe quoi pour attirer l'attention des studios hollywoodiens. Un bail donc. Y aurait-il de la nouveauté dans l'air, histoire de dépoussiérer toutes ces séries B un peu trop Z? Rassurez-vous: dans Rogue, le crocodile ne fait pas comme les requins du Peur bleue, de Renny Harlin (à savoir allumer les micro-ondes, bouffer Samuel L. Jackson pour qu'il dégage du haut de l'affiche, multiplier les saltos arrières, rigoler avec la nana en bikini qui tient une poêle pour se défendre). Non, ce croco-là a juste très faim. Un peu énervé, il bouffe tout ce qui bouge. Son repas, c'est un petit bateau de touristes venus visiter les environs et prendre des photos pour garder des bons souvenirs Australiens. La croisière s'amuse.
Derrière ce sympathique programme, se cache Greg McLean, cinéaste ultra-surestimé de Wolf Creek. Ceux qui s'attendent à un film qui chamboule tous les codes risquent de ne pas comprendre tant Rogue se révèle extrêmement classique de partout. Contrairement à ce qu'on aurait pu croire, il ne s'agit pas du nouveau The Host où un cinéaste sud-coréen Verhoevenien exhibait sa bestiole dès les premières minutes et semblait davantage s'intéresser à la connerie des mouvements de panique en rigolant de ses contemporains et en sympathisant avec la bestiole. Greg n'a pas les cojones pour dynamiter comme son confrère et se contente de peu. Pas grave, pour le bouleversement spectatoriel, on ira voir ailleurs. Les personnages ressemblent à monsieur et madame tout le monde entre l'obèse en panne de sexualité, l'écrivain playboy arrogant au bout de son rouleau existentiel, la coincée qui ne supporte pas la fumée de cigarette, le récent veuf qui tire la tronche, le sosie de John Wayne, le petit copain qui-se-la-pète-et-qui-au-bout-du-compte-se-révèle-moins-con-que-prévu, la gamine souriante et surtout, on ne l'oublie pas, le chienchien à sa mémère qui va forcément à un moment donné servir d'appât. Déjà, le gros problème, c'est que McLean amplifie les défauts de Wolf Creek en donnant trop d'importance à des personnages dont on se contrefout et met un long moment avant d'entrer dans le vif du sujet. Et comme dans Wolf Creek (en moins hardcore, en moins vicelard, en moins tout), une fois que c'est parti, on en a pour son argent.
Dans ce genre d'exercice, mieux vaut vanter les effets spéciaux (supervisés par Weta Digital, studio de Peter Jackson) et la bestiole, d'un réalisme terrifiant. Quand elle est là, même seule à l'écran, le spectacle est assuré et on est caché sous le fauteuil au moindre de ses gémissements. En revanche, on sera moins exigeant sur le script qui additionne les clichés et les effets de style à la McLane (merci Greg de nous avoir évité le coup de l'éclipse totale) avec notamment un passage dans un bar miteux où on sert des cappuccinos avec une mouche dégueu dedans. Sympa le voyage. Sans compter le couplet anti-ricain à travers le personnage héroïsé de Michael Vartan (ça faisait longtemps depuis Photo Obsession) qui a des couilles d'acier et sauve la femme, l'orphelin, le chien, le croco, le bateau. Il nage super bien, dommage qu'on ne lise pas mieux la peur sur son visage en dépit de son grand passage dans la grotte (assez flippant, il faut le dire). Un casting de seconde zone (malgré les sourires de Rhada Mitchell, craquante dans son short kaki) dans un film à la Renny Harlin où le cinéaste se fantasme nouveau Tobe Hooper (après Massacre à la tronçonneuse, n'oublions pas qu'il a signé Le crocodile de la mort). D'ailleurs, la scène dans la grotte rappelle dans sa construction celle de Poltergeist où un clown caché sous le lit sortait de sa torpeur après vingt minutes de long silence. Ça donne au final une série B estivale, exécutée sans génie mais avec honnêteté. Le minimum syndical, en somme.
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