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TWO LOVERS : INTERVIEW JAMES GRAY

TWO LOVERS : INTERVIEW JAMES GRAY

Tout sur TWO LOVERS - La Critique - Photos - Le 2008-11-17 05:35:33


Avec Little Odessa, son premier film, réalisé à seulement 24 ans, James Gray ressemblait à un peintre qui aurait trouvé dans le cinéma un débouché plus vaste pour ses aspirations artistiques et révélait une maîtrise hallucinante de la mise en scène, du scénario et de la direction artistique. Par la suite, dans The Yards et La nuit nous appartient, respectivement son second et son troisième long, deux tragédies grecques filmées par un esthète, le cinéaste confirmait sa volonté de revisiter les codes du film noir en construisant chaque plan avec la même virtuosité et en renvoyant à la rigueur des oeuvres de Elia Kazan et Nicholas Ray. L'introduction - déchirante - de son sublime Two Lovers, romance désenchantée à New York, poursuit les mêmes battements de coeur, les mêmes obsessions funèbres. James Gray y capte la rouille intime des vieux garçons (Joaquin Phoenix, de guingois, au bord de l'évanouissement) et la détresse secrète des belles voisines, raconte les petites histoires de ceux et celles qui se sont manqués. Des rendez-vous romantiques et blafards à six heures du matin sur le toit d'un immeuble aux déclarations d'amour muettes que l'on préfère tatouer sur le bras en passant par deux regards-caméra qui serrent le coeur, James Gray filme rien, filme tout. Interview.




two lovers

Comment est né Two Lovers ?
Aussi étrange que cela puisse paraître, tout a commencé par des échanges de mail avec Gwyneth Paltrow. Je savais qu'elle tournait de moins en moins voire plus du tout ; et, j'étais persuadé que dans un registre très intimiste, elle serait capable de défendre un beau rôle. A l'origine, elle était plus sceptique que moi. Non pas qu'elle n'avait pas envie de travailler avec moi mais juste qu'elle connaissait l'univers très masculin de mon cinéma et qu'elle ne pensait pas avoir sa place. C'est en grande partie à cause d'elle, dans le but de la convaincre, que j'ai changé de registre, que je suis passé à la romance. Au même moment, je me replongeais dans Dostoïevski et j'ai été impressionné par sa nouvelle Nuits Blanches. La manière dont il décrivait un personnage suicidaire, psychologiquement perturbé, qui développait un amour platonique pour une femme rencontrée dans la rue, m'avait beaucoup ému. A l'époque de Dostoïevski, il n'y avait aucun diagnostic pour déterminer l'origine de cette maladie. L'autre facteur, c'était de parler des courbes du désir, la façon dont le désir circule dans un couple.

Two Lovers est assez surprenant dans votre filmographie. A commencer par le genre. Même si des obsessions (le poids de la famille) et surtout la noirceur demeurent, vous semblez tirer un trait sur les histoires de gangsters et de mafia.
Pour être totalement franc, j'ai toujours été plus intéressé par les connexions émotionnelles entre les personnages que par les illustrations de genre. A bien regarder, Two Lovers suit la même trajectoire que La nuit nous appartient. Au dernier festival de Cannes, les journalistes me disaient qu'ils s'attendaient à une "comédie romantique", alors qu'il n'en a jamais été question. Je ne sais pas qui a vendu le film de cette façon mais c'est tromper le spectateur que d'affirmer ça.

C'est moins un film d'amour que sur l'illusion d'aimer ou d'être aimé : tous les personnages projettent une image et courent après celui ou celle qu'ils pensent être l'être aimé.
Oui. Le sujet de Two Lovers parle aussi de déchirure sentimentale. Le propos est très cruel, mais c'est la vérité. Nous tombons toujours amoureux de la mauvaise personne. Et de manière générale, nous voulons toujours avoir ce que nous n'avons pas. Je vais vous donner un exemple simple : vous allez au restaurant, vous commandez un plat et celui qui est avec vous en commande un autre. Vous aurez envie de goûter le plat de l'autre. Aujourd'hui, j'ai pris à déjeuner le plat que mon attaché de presse avait pris la veille. Aujourd'hui, j'ai déjeuné avec lui et il avait pris un autre plat qui me plaisait encore plus. Vous pouvez être sûr que demain, je prendrai son plat.




two lovers

Vous n'aviez fait que trois films en quinze ans. Et Two Lovers, votre quatrième, sort pratiquement un an après La nuit nous appartient. Qu'est-ce qui a accéléré la cadence ?
En fait, Two Lovers est né il y a sept ans, en même temps que La nuit nous appartient. Les deux films sont presque jumeaux. Et pendant tout ce temps, j'ai eu le temps de les préparer ensemble. J'ai longtemps hésité pour savoir lequel des deux je ferai en premier. Finalement, j'ai commencé par La nuit nous appartient. Mais au moment où il est sorti en France, je tournais déjà Two Lovers. Il a été fini juste à temps pour être pris au festival de Cannes.

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CINE : TWO LOVERS, LE DIAMANT DE JAMES GRAYCINE : TWO LOVERS, LE DIAMANT DE JAMES GRAY

Le profil d’un homme qui sort de l’ombre, un corbeau qui s’envole au loin, une d...
 
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