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BERTRAND BLIER : CARTE BLANCHE

Tout sur LES VALSEUSES - Photos - Le 2008-11-19 13:36:05


C'était par une journée où Paris était alanguie dans la grisaille d'une veille de jour férié. Rendez-vous était pris avec Bertrand Blier, chez lui, à l'occasion de la sortie de la plupart de ses films dans un coffret de 11 DVD chez Studio Canal. Il sera également notre corédacteur en chef le temps d'une semaine.
Nous arrivons à sa porte, il nous accueille, discute cordialement, allume sa pipe, plaisante. L'entretien durera toute l'après-midi. Il revient sur sa vie et son oeuvre avec une belle générosité, nous gratifie d'anecdotes réjouissantes, rejoue à l'occasion des scènes de ses films qu'on admire avec lui. Il s'inquiète du cinéma tel qu'il se fait actuellement, cite des auteurs « peu raisonnables » qu'il aime. Dialogue avec un cinéaste exceptionnel qui nous a fait l'honneur d'évoquer les grands moments de sa carrière.




tropbellepourtoi

Vous avez dirigé votre père après Hitler... connais pas!, dans Si j'étais un espion, l'envie de mettre en scène est-elle venue de lui ?
Ecoutez honnêtement, C'est très mystérieux, on n'en sait rien... Il y a plein de metteurs en scène merveilleux qui n'ont pas été fils d'acteur. Moi je l'étais, et d'un très bon en plus. Evidemment c'était plus facile pour moi, il m'a aidé à rentrer dans la profession comme le ferait n'importe quel père. Ca a été plus facile de pousser la porte, parce qu'elle était déjà ouverte. Mais après, je me suis démerdé et mon père était spectateur anxieux de ma trajectoire.

Pourquoi vous êtes vous dirigé vers cette carrière? Est-ce des films que vous avez aimés qui vous en ont donné envie ?
Je n'étais pas tellement baigné dans le cinéma, parce que mon père m'a toujours protégé. Ce en quoi il a eu raison. C'est épouvantable d'être fils d'acteur, de traîner dans les festivals ou sur les plateaux. Il faut éviter de devenir le fils de la vedette ou du metteur en scène... J'en ai eu conscience. J'ai assisté aux coulisses et aux premières de théâtre. Le plus important, c'est que j'avais un père génial, qui était très amusant et très drôle dans la vie aussi.

Quelles étaient vos relations avec lui ?
On faisait ensemble des conneries dont on n'a pas idée aujourd'hui, à une époque où ce n'était quand même pas l'habitude. Les gamins de l'après-guerre étaient élevés de manière beaucoup plus stricte. J'ai eu la chance d'avoir un père qui était un clown extraordinaire, en même temps qu'impressionnant. Le Bernard Blier comique et celui dramatique que les spectateurs connaissent. Quand je rentrais de l'école je lui faisais répéter ses textes, il me disait « Dépêche toi de goûter, on a du boulot » et on allait dans son bureau où il répétait son texte et où je lui lisais tous les rôles (la maîtresse, la femme, le facteur, etc...). Beaucoup d'enfants d'acteurs font ça, mais la différence, c'est que mon père était un acteur fantastique, un des meilleurs qu'on ait eu. Ca m'a rempli la tête de choses qui sur le moment m'ont paru naturelles mais qui m'ont servi quand j'ai été metteur en scène, j'avais dans l'oreille le meilleur. Quand j'ai fait des films, j'ai demandé aux hommes comme aux femmes, de jouer comme mon père. Quand je suis devant une femme, c'est plus compliqué (rires)...



valseuses z2  - photo 14
valseuses z2

Qu'est-ce qui vous a propulsé ?
Avant les Valseuses, ça a été chaotique parce que j'étais trop jeune, j'ai fait mon premier film, Hitler... connais pas!, à 22 ans. C'était une chance extraordinaire parce que c'était un film formidable et assez étonnant. Derrière ce film là, que j'ai rendu mien mais qui était presque une commande, je me suis retrouvé devant un désert, une absence totale de préparation. Je n'avais aucune prétention littéraire. Je savais où on plaçait une caméra parce que j'avais été assistant sur des films, particulièrement avec Georges Lautner. Mais placer une caméra ce n'est pas très compliqué, beaucoup d'imbéciles peuvent le faire et ça se vérifie tous les jours. Ce qui m'a manqué, c'est que je n'avais aucun univers, je n'avais rien dans la tête.

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LE COIN DU CINEPHILE : CALMOS (BERTRAND BLIER)LE COIN DU CINEPHILE : CALMOS (BERTRAND BLIER)

Cinéaste excessif qui compte dans sa filmographie d’indiscutables réussites (ses...
 
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