WANTED : DU FILM A LA BD, DEUX ESPRITS DIFFERENTS
Tout sur WANTED : CHOISIS TON DESTIN - La Critique - Photos - Le 2009-01-16 13:30:10WANTED : CHOISIS TON DESTIN de timur bekmambetov
On a l'habitude : From Hell ne gardait par exemple que la trame du roman graphique original d'Alan Moore, tout comme V pour Vendetta. Pour Batman begins et The Dark Knight de Christopher Nolan c'était autre chose, les sources étaient multiples (Batman Year one de Frank Miller, the Killing Joke d'Alan Moore ou encore l'Asile d'Arkham de Grant Morrison entre autres références). Seul Sin City apparaît fidèle et pour cause, son auteur était coréalisateur. D'ailleurs vouloir une adaptation scrupuleuse relèverait de la sottise puisque les médiums ne sont pas les mêmes. Toutefois, en ce qui concerne Wanted, la transposition est si lointaine (certains ont dit « édulcorée ») que cela mérite qu'on en parle un peu.
Dans un supplément de l'édition DVD, Timur Bekmambetov s'explique assez évasivement et succinctement, expliquant qu'il a voulu conserver le ton et l'irrévérence de Mark Millar, qui sont, il est vrai, assez sidérants dans le comics original. On voit trace de son insolence en particulier au début du film, collant assez bien à celui de la B.D (même si on en occulte déjà les moments les plus trash, dont la sexualité très trouble et très « ouverte » du glorieux paternel tué au début de l'histoire). On découvre un jeune homme frustré et insignifiant, tyrannisé par sa chef de bureau. Son meilleur ami couche avec sa dulcinée, tandis qu'il feint de ne rien voir. Il est un loser aigri qui en veut à la terre entière. Cela l'inscrit dans la série assez répandue des jeunes lambdas que rien ne prédestine à se choisir un destin extraordinaire, comme le suggère le sous-titre du film.

WANTED : CHOISIS TON DESTIN de timur bekmambetov
Une première inquiétude vous étreint à la lecture du livre : la présence de gueules cassées monstrueuses à l'enterrement du père de Wesley. On se dit avec un sens implacable de l'observation qu'il n'y en a pas trace dans le film. Ensuite il y a le langage plus que fleuri, voire délicieusement ordurier (l'un des grands chapitres résumant assez bien le message à faire passer: « allez tous vous faire enculer! »). Cette langue violente employée par les personnages ne trouve dans l'adaptation cinématographique qu'un lointain écho.
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