GERARD DEPARDIEU : FIGURE POPULAIRE ET MONSTRE SACRE
Tout sur DIAMANT 13 - La Critique - Photos - Le 2009-01-16 02:11:02Cette voix a son côté feutré, plus obscur et moins tapageur, qui a servi par exemple de très bons polars dernièrement comme 36, quai des Orfèvres d'Olivier Marchal, faisant de lui un gangster charismatique dans Mesrine : l'instinct de Mort de Jean-François Richet. C'est probablement cette veine plus sombre qu'il retrouve avec Diamant 13.
DIAMANT 13 de gilles béat
Succès de comédie
Après son départ de Châteauroux et en suivant des cours de comédie, il lit tout ce qui lui tombe sous la main. Il a toujours partagé avec gourmandise ses trouvailles culturelles (jusqu'à récemment où il donnait lecture de passages de Saint Augustin qu'il admire énormément). Ce partage du patrimoine occupera d'ailleurs une grande partie de sa carrière. Mais à ses débuts, il sera un voyou idiot dans Le Viager de Tchernia, en facteur lunaire dans les Gaspards. On voit sa force et sa générosité mais son talent n'est pas encore dégrossi, dans des rôles absolument anecdotiques, il en fait des tonnes (ce qui contribue paradoxalement à lui donner son identité). Après avoir été révélé par Les Valseuses de Blier en 1974, il démontre l'ampleur de son registre dans Sept morts sur ordonnance de Jacques Rouffio (où deux chirurgiens sont poussés au suicide après avoir été victimes de chantage). Il est apparu auparavant chez Claude Sautet dans Vincent, François, Paul et les autres. Il alternera sans cesse les films d'auteurs et le cinéma populaire.
Cet éclectisme l'imposera comme un acteur de tout premier ordre tout au long des années 70, comme le fer de lance d'une nouvelle génération de comédiens dont l'éclectisme est sidérant (Patrick Dewaere en est un autre grand représentant). Depardieu ne se laissera jamais limiter à un emploi, il touchera à tout, jusqu'à aborder des rivages étranges et inquiétants, dans Les Chiens de Alain Jessua notamment en 1978. Le film dénonce les dérives de l'autodéfense, les habitants se protégeant grâce à des chiens de garde assez effrayants. Depardieu est encore à cette époque, une valeur montante. Il conquiert une place qui sera sans équivalent dans le cinéma français, comme un événement nouveau et un physique hors normes qui sans cesse oscille entre force et une dimension sensible et écorché vive. On l'a vu maintenir cette vulnérabilité chez Pialat, jusqu'à leur dernière rencontre cinématographique dans le Garçu en 1995.
la chevre
C'est ainsi qu'il sera unanimement reconnu et distingué dans les années 80, chez Truffaut et Pialat, mais aussi auprès d'un metteur en scène pour qui il aura une grande fidélité : Francis Veber. Le tandem qu'il forme alors avec Pierre Richard, dans La chèvre (en 1981), Les Compères (en 1983), les Fugitifs (en 1986) sera l'un des plus gros succès de ses années là et l'exemple d'un tandem réussi dans des « buddy movies » bien troussés. Il jouera avec jubilation le bandit rustre flanqué d'un partenaire maladroit, avec une force comique peu commune (on retrouve un peu une dynamique à la « Laurel et Hardy », le gros et le petit). Il retrouvera Veber pour le Placard et Tais-toi, oeuvres moins convaincantes. Dans le même esprit, il tourne Inspecteur La Bavure de Claude Zidi aux côtés de Coluche et compose un bandit inspiré de Mesrine. Il forme en même temps que dans Le Dernier métro, un autre couple de cinéma avec Catherine Deneuve dans Je vous aime de Claude Berri. Il retrouvera ce cinéaste en 1986 pour son interprétation magistrale et exaltée du pauvre Jean de Florette, inspiré de l'oeuvre de Marcel Pagnol, où il opposait son innocence aux manigances du Papet, campé par Yves Montand qui tenait là l'un de ses plus beaux rôles.
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GERARD DEPARDIEU : DANS L'ESPRIT DES AUTEURSEcrire un portrait de Gérard Depardieu, c'est forcément flirter avec l'hy... | ||
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