Jusqu'ici, rien d'inquiétant. D'autant que cette comédie prévoyait une bonne dose de fantastique, le tout saupoudré de satire sociale. En résumé, un savant mélange entre Docteur Jerry et Mister Love et Steak. Cependant, le résultat est hélas tout autre.
CYPRIEN
Un film de David Charhon
Avec Elie Semoun, Catherine Deneuve, Laurent Stocker, Vincent Desagnat, Léa Drucker, Mouloud, Elisa Tovati, Jean-Michel Lahmi
Durée : 1h38
CYPRIEN de david charhon
Cyprien a 35 ans. Il vit en marge totale de la société. Son travail ? Responsable informatique pour un magasine de mode, Dress Code, où il est généralement rejeté ou méprisé par ses propres collègues. Le soir, pour se divertir, il retrouve ses amis « geeks » dans un cybercafé. Sa vie change brutalement le jour où il est viré de sa boite à la suite d'un malentendu (et d'une machination à son égard). Mais grâce à un étrange déodorant, Cyprien a désormais le pouvoir de devenir BEAU. Il choisit alors de s'appeler « Jack Price », et de reprendre sa vie en main...
La principale réussite de Cyprien repose sur son casting. En effet, les auteurs ont eu cette charmante idée de faire appel à des comédiens venus d'horizons différents. Ainsi donc, on y retrouve Jean-Michel Lahmi (Poltergay, Mensonges et trahisons et plus si affinités) ou bien encore Vincent Desagnat (ex-complice de Michael Youn, vu dans La Beuze, Le carton et Les dents de la nuit), sans oublier Mouloud Achour, tout droit sorti du Grand Journal sur Canal +, et enfin Laurent Stocker, sociétaire de la Comédie Française, principale révélation du film Ensemble c'est tout en 2007. Les trois premiers demeurent fidèles à leur réputation ; ils appartiennent à cette « famille » d'acteurs que l'on croise régulièrement dans ce genre de comédie populaire, sans y prêter une grande attention. Quant à Stocker, il agace, purement et simplement, par un jeu excessif continu. Sa crédibilité en palie et l'acteur atteint donc un niveau de ridicule souvent gênant. Il sombre rapidement dans les pires clichés propres au "méchant de service", affublé d'un costume ridicule, et promenant un air vaniteux tout au long du métrage. Il n'est donc pas difficile d'imaginer le sort qui lui sera réservé à la fin. En somme, un personnage sans saveur, ni surprise. Dommage. La production espère alors nous gâter en nous offrant, telle une cerise sur le gâteau, la grande Catherine Deneuve dans l'un des rôles les plus importants du film, celui de la rédactrice en chef. Elle n'exécute ici, hélas, que son numéro habituel, celui d'une "femme du monde" plutôt autoritaire, à laquelle le spectateur ne s'attache jamais, la faute à un développement relativement mince. Nous n'insisterons pas sur la performance d'Elie Semoun, certes réduite, mais qui reste proche du héros d'origine. Son seul défaut, finalement, est d'être plus efficace le temps d'un sketch que sur 90 minutes de pellicule. Par ailleurs, Cyprien est ici beaucoup trop caricatural, et donc peu crédible. Le personnage n'amuse plus et n'émeut à aucun moment, malgré de nombreux efforts accomplis par les scénaristes, qui ont cherché à le rendre plus humain. En vain.
CYPRIEN de david charhon
L'écriture semble être la faille principale de ce long-métrage, et de nombreuses lacunes viennent l'illustrer, comme le mélange des genres qui n'est ni suffisamment développé, ni assumé et du coup l'élément « fantastique » se révèle rapidement n'être qu'un vulgaire prétexte. Cyprien reçoit à domicile un étrange déodorant qui va lui permettre de changer physiquement. Qui lui envoie ? Quelle en est la raison ? On ne le saura jamais. Pour l'anecdote, l'objet lui est livré par une sorte de cosmonaute, sorti de nulle part et respirant à la manière de Darth Vader. Cela n'étonne d'ailleurs en rien notre héros qui le range très vite dans sa salle de bain. En outre, le sens caché de cette séquence reste assez douteux. Si l'on résume, pour qu'un geek soit beau, il doit d'abord commencer par se désodoriser... On a connu plus fin. Mais tel est l'esprit du film qui, dans son ensemble, ne propose qu'une succession de gags poussifs, souvent gratuits. Ainsi, la séquence où l'on voit Vincent Desagnat parcourir la France entière en vélib' est à peine exploitée, tout comme celle de l'affrontement entre deux groupes de « geeks », l'un d'origine européenne, l'autre asiatique, chacun sur son trottoir, et dont la « bataille » se limite à une simple attaque verbale, beaucoup trop proche des « casses » façon Brice de Nice pour paraître originale.
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