Gwenael Tison 9
KATYN
Un film de Andrzej Wajda
Avec Pawel Malaszynski, Joachim Paul Assböck, Andrzej Chyra
Durée : 2h
KATYN de andrzej wajda
Andrezj Wajda est incontestablement une des figures les plus emblématiques du cinéma polonais. À près de 83 ans, il décide de s'attaquer à un projet très personnel en adaptant le roman d'Andrzej Mularczyk : Post mortem - Le roman de Katyń. Le film souligne le retour remarquable de Wajda sur le devant de la scène internationale, le réalisateur s'étant fait relativement discret depuis plusieurs années. Sous forme de devoir de mémoire édifiant, Katyń renvoie au massacre par l'armée stalinienne de plus de 15 000 polonais dans la forêt qui porte le même nom. Un sujet qui n'a pourtant jamais encore été traité au cinéma. Par ailleurs, Katyń est une oeuvre qui touche personnellement Andrezj Wajda, car son propre père compte parmi les victimes innocentes de cette boucherie aveugle.
Avec Katyń, la petite histoire rejoint la grande : on suit une famille polonaise, dont le père, un capitaine d'un régiment des Uhlans, est fait prisonnier par l'armée stalinienne en 1939. Son absence s'éternise et crée une angoisse grandissante auprès de ses proches. Sa femme, Anna, craint qu'il ne soit passé de vie à trépas. Elle nourrit pourtant l'intime espoir qui puisse être encore vivant, car les nombreuses lettres témoignant de ses conditions de vie sont acheminées au compte-goutte... Même après sa mort, lui procurant un cruel espoir. D'autres destins aussi tragiques vont ainsi être portés à l'écran.
KATYN de andrzej wajda
Jugé hostile envers le régime stalinien, entre 15 000 et 20 000 polonais ont été exécutés froidement par la police politique de l'Union soviétique, le NKVD, au printemps 1940. Un véritable crime de guerre qui fit de la forêt de Katyń un immense charnier passé sous silence. Ce n'est qu'en 1943 que le massacre fut découvert par l'armée nazie. Pourtant, les auteurs d'une telle barbarie seront ceux qui libéreront la Pologne de l'occupation allemande. Une situation paradoxale qui crée un profond malaise : comment accuser de crime de guerre ceux qui ont libéré le pays de l'oppresseur nazi ? Complices, les États-Unis et la Grande-Bretagne firent pression pour que la vérité ne puisse pas éclabousser leur allier soviétique du moment. L'Etat polonais d'après-guerre étant tombé sous la dépendance de L'URSS, Katyn devint un héritage et une dette bien gênants. Un profond malaise s'installa dans un mutisme terrible et mortifère. Forclose, la vérité resta longtemps tapie dans l'ombre, sans pouvoir éclater au grand jour. Un déni collectif traumatique qui poussa les familles des victimes à taire toute allusion au massacre de Katyń. Toutes traces du drame ont ainsi été délibérément effacées jusque dans le langage.
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