CINE : NOS DESIRS FONT DESORDRE
Tout sur NOS DESIRS FONT DESORDRE - La Critique - Photos - Le 2009-03-10 00:06:29Nicolas Houguet 7
NOS DESIRS FONT DESORDRE
Un film de Stéphane Arnoux
Avec Saïda Djoudi, Damien Pottier, Fabiana Belot, Flore Labrot, Mélody Maloux, Maria de la Bastida, Célia Sarrasin, Cindy Feroc, Gilles Roche, Stéphane Arnoux, Gautier Gaye, Aliénor Bouvier
Durée : 1h30
NOS DESIRS FONT DESORDRE de stéphane arnoux
Cela commence par une voix-off, celle de Nadia, qui cherche un sens à sa vie. Elle décrit ceux qu'elle connaît, également pris dans ce doute qui saisit à la vingtaine : comment faire pour que votre existence compte ? Tous tentent leur chance, pour se mettre à la hauteur de leurs rêves et ne pas rentrer dans le rang et le conformisme ennuyeux, fait d'obligations et d'une vie désabusée et sur des rails. On voit deux jeunes actrices qui galèrent, un réalisateur qui commence à vivre de sa passion, sa belle compagne qui se perd dans des plans drague sur internet, un peu de cette jeunesse déboussolée dont on évoque ici le malaise et les espérances, les utopies, la difficulté à être ensemble...
L'art ne paie pas, et ceux qui s'y consacrent souffrent et choisissent bien souvent le chemin de la précarité et de la nécessité. Ainsi leur revendication devient existentielle. On parle ici du droit à ne pas se laisser envahir par un boulot routinier et alimentaire, le besoin de ne pas se laisser abrutir par les loisirs abêtissants du « troupeau » (le terme est employé dès le début), ne pas se laisser gouverner par les gloires préfabriquées des célébrités télévisuelles ou star-académiques. La jeunesse présentée dans ce film est intègre, exigeante, intransigeante et farouchement attachée à ses illusions et à ses ambitions, comme le confirme la belle voix-off, qui commente avec lucidité les agissements du petit groupe. Rien n'est simple et aucun personnage n'est cliché, les rapports sont compliqués, tourmentés, intenses. Le désespoir est une menace tangible, la fin de l'utopie et la résignation assombrissent déjà l'horizon.
NOS DESIRS FONT DESORDRE de stéphane arnoux
Vous l'aurez compris, voilà un sujet magnifique et une belle réflexion, juste et fiévreuse, sur nos rêves, nos aspirations, nos existences. Pour qui est un peu créatif ou artiste, cela touche une corde sensible. Cela va surtout contre les clichés de pacotille, véhiculés par la télévision, les magazines people et leurs glorioles pathétiques. On renoue avec une caractéristique profonde de la jeunesse que beaucoup finissent par oublier : on ne compromet pas les idéaux, les rêves et l'envie de changer le monde. Toutes les campagnes de pub et les communicants les plus acérés ne sauraient effleurer cette vérité première.
























