David A. 9
BREATHLESS
Un film de Yang Ik-june
Avec Yang Ik-june, Kim Kkobbi, Lee Hwan
Durée : 2h10
BREATHLESS de yang ik-june
Véritable film coup de poing, Breathless sidère autant qu'il révolte. Première oeuvre de Yang Ik-june, qui incarne le rôle principal et signe également le scénario, le cinéaste réalise ici un coup de maître. Cette plongée vertigineuse dans les affres de la violence quotidienne d'un petit malfrat casseur de corps a de quoi perturber. Insultes incessantes, coups de poings et matraquages à répétition, humiliations constantes, le film ne ménage pas son public, jusqu'à la nausée. Pourtant, à mesure que les personnages et leurs relations s'installent, à l'indignation et à la répulsion succèdent la compréhension et même l'attachement. Sang-hoon est incontrôlable et s'il domine les autres par la force, il devient lui-même victime de son propre comportement. Complètement asocial, il ne peut véritablement approcher sa soeur aînée. Plus grave, à chaque fois qu'il voit son père, il ne peut réfréner ses envies de bastonnades. Seule Yeon-lee, qui a su lui tenir tête, sait s'attirer ses faveurs tout en le provoquant.
Le film est sec comme un coup de trique et frappe là où ça fait mal. Indéniablement le jeune acteur-réalisateur fait penser au Takeshi Kitano de Violent cop ou encore de Sonatine. Même frontalité de la violence, même personnage apathique et repoussant. On pense également au personnage coréen de Kim Joon-pyong dans le film japonais de Yoichi Sai, Blood bones, là encore incarné par Kateshi Kitano. Cependant le film ne tient pas seulement à ces scènes de coups et blessures, au contraire les moments ménagés où les personnages échangent une conversation ou s'ignorent, permettent au film de respirer et au public de reprendre confiance dans la conclusion à venir. Yang Ik-june parsème même le film de moments cocasses et salvateurs, introduisant l'humour au compte-goutte, dans quelques dialogues, histoire de ne pas sombrer dans le nihilisme le plus total.
BREATHLESS de yang ik-june
Breathless, comme son titre l'indique, est un film qui s'encaisse jusqu'à bout de souffle. Si le film de Jean-Luc Godard n'a rien à voir là-dedans, on peut tout de même noter une même énergie qui ne faiblit jamais tout au long du métrage et un montage constamment percutant sans jamais tomber dans le sur-découpage. Film savamment équilibré entre les tensions internes des personnages et celles qui s'installent à travers les éléments dramatiques, la nervosité et l'anxiété glissent peu à peu de l'image vers le spectateur. Le film contamine au sens propre, jusqu'au dernier plan, magistral de simplicité et de sens. Yang Ik-june, un cinéaste sur lequel il va falloir compter à l'avenir et dont la qualité de cette première oeuvre surpasse largement la majorité des oeuvres présentées en compétition au festival du Film Asiatique de Deauville.
David A.
Retrouvez la galerie photos sur les pages suivantes...
[p1] [p2]



























