Laura Daughtery (Lake Bell, Boston Legal) est une jeune océanographe chevronnée, travaillant avec une équipe de chercheurs sur les hauts fonds marins. Au cours d'une expédition sous-marine elle entre en contact avec une espèce inconnue. Le Docteur Aleksander Cirko (Rade Sherbedgia, "Snatch"), employé par le gouvernement, réquisitionne le navire, le sous-marin ainsi que les recherches faites par Laura et son équipe, puis les écarte de la découverte. Parallèlement Richard Connelly (Jay R. Ferguson, “Judging Amy”) plonge non loin d'une plateforme pétrolière avec son frère, et ce dernier est victime d'un accident au passage d'une immense créature qui l'emmène dans les profondeurs. Enfin Miles Bennett (Charretier Jenkins, "CSI : New York") est un jeune adolescent qui au cours d'une soirée sur un bateau avec son meilleur ami, découvre une sorte d'œuf qu'il ramène chez lui. Quelques jours plus tard un étrange animal sort de l'œuf et une relation particulière se noue entre Miles et cette étrange créature. Le destin croisé de ces quatre personnages est maintenant lié par cet étrange secret caché sous la surface.
Josh et Jonas Pate sont les deux créateurs de Surface. Ayant fait leurs armes de scénaristes et réalisateurs sur la série avortée Good vs Evil, puis sur l'excellent Dragnet, ils proposent leur concept à NBC, qui cherche un second souffle depuis la fin de leur série phare Friends. Après un petit tour d'horizon des succès de l'année précédente, NBC s'arrête sur Lost et lance la production de Surface. Si le choix de prendre cette série comme un concurrent de Lost est douteux, ce n'est pas par sa qualité mais plus par son concept très différent à l'arrivée. Surface est un patchwork référentiel de Spielberg et Abyss, parfois plus ou moins digeste, car si au début l'on sourit devant la multitude de clins d'œil, le repompage devient agaçant. Cependant ne boudons pas notre plaisir, Surface est un show plutôt haletant à la réalisation soignée. L'histoire pioche ouvertement sur Abyss avec la story line sur Laura et Richard qui la rejoint assez vite, sur E.T pour la story line de Miles et le docteur Aleksander apporte le côté X-files qui manquait à tout cela. Difficile donc de trouver réellement quelque chose de neuf ou même original ici, et chaque histoire possède un arrière-goût de déjà vu. Seulement voilà, les frères Pate ne sont pas des créateurs de génie, mais en revanche ils savent indéniablement raconter des histoires. Car une fois habitués, on commence doucement à s'intéresser à ce monstre sous-marin. L'histoire se met en place, ainsi que les personnages et un intérêt certain apparaît quant aux aventures de nos héros, rien de révolutionnaire certes, mais du divertissement carré et plutôt chiadé dans son ensemble.
Coté personnage on reste en terrain balisé, rien de vraiment mauvais, mais rien d'étonnant non plus. On gardera Lake Bell, qui, si elle ne fait pas une mère très crédible, nous épargne le cliché de la bimbo sans intérêt. Pour le reste pas grand-chose à signaler, Rade Sherbedgia tient solidement son rôle de conspirateur, Richard Connelly passe plutôt inaperçu la plupart du temps et Charretier Jenkins n'est pas l'ado irritant qu'on pouvait craindre et c'est déjà pas mal. Néanmoins on remarquera le peu de place accordée aux seconds rôles ou aux sous-intrigues, Surface trace sa route et c'est ici le seul point où l'on peux l'opposer à Lost qui étire n'importe quelle sous-intrigue, dialogue, sentiment, haussement de sourcil aux limites du supportable.
Côté réalisation, là encore pas de surprise même si un soin particulier a été apporté aux scènes sous-marines. Plutôt discrète elle est également rarement prise en défaut et ce malgré des effets spéciaux en 3D beaucoup trop visibles ou même parfois mal incrustés. Surface évite pourtant le côté cheap des shows TV ayant recours à de nombreux effets visuels et c'est déjà pas mal. Mais on pourra regretter un certain manque d'imagination dans le cadrage ou un manque d'identité visuelle, ce que son pseudo concurrent Lost fait très bien. Bref, la réalisation de Surface est à l'image de la série elle-même, rien de nouveau ou de surprenant, mais du boulot sérieux, efficace et sans faute de goût.
La saison comportera 15 épisodes et se terminera aux Etats-Unis le 6 février 2006. Une saison 2 semble peu probable, donc les scénaristes ont déjà prévenu qu'ils apporteraient une vraie fin au dernier épisode, même s'ils garderont probablement sous le coude quelques intrigues pour une hypothétique suite. Dommage car malgré les défauts précités qui se résument surtout à un manque d'originalité, plus l'histoire avance plus le potentiel apparaît en ce sens que Surface devient vraiment plaisant à regarder. Mais dans le monde cruel des séries TV des grandes chaînes américaines, les objectifs d'audience sont faramineux. Ainsi malgré une moyenne autour des 10 millions de téléspectateurs par épisode, Surface est loin des 16 de Lost ou des 20 des Experts. Mais restons positifs, NBC aura au moins le mérite de lui avoir laissé sa chance toute une saison, pas comme d'autres (mais non, nous ne parlons pas encore de la Fox et de l'annulation stupide de Night Stalker après seulement six épisodes). Pour conclure, nous ne pouvons que conseiller aux amoureux de SF et fantastique de goûter aux mystères de Surface, ils ne trouveront pas leur nouvelle drogue mais ils passeront un bon moment, et c'est déjà assez rare pour ne pas passer à côté.
Maxime Girardeau
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