Un ouragan s’abat subitement sur une petite bourgade de Floride dans la région des Everglades. Créant d’énormes dégâts, c’est une population traumatisée qui se réveille le lendemain pour constater cet îlot de destruction. Pendant que la communauté tente de reprendre ses esprits et se met au travail pour reconstruire leur ville, le ranger Russel Varon décide d’enquêter sur des évènements étranges survenus pendant la tempête. D’une part sa petite fille dit avoir vu des lumières mystérieuses flottant dans l’eau et non soumises aux courants, et d’autre part son ex-femme a été retrouvée nue sur une berge sans aucun souvenir de ce qui s’est passé. Et si les désastres naturels étaient vraiment des diversions créées pour dissimuler des activités étrangères clandestines ?
Shaun Cassidy, le créateur d’
Invasion, est ce qu’on peut appeler un vieux de la vieille car il a travaillé en tant que producteur, scénariste et acteur sur de très nombreuses séries. Pêle-mêle on pourrait citer
American Gothic,
Roar,
Players,
Hollyweird,
Cover Me: Based on the True Life of an FBI Family,
The Agency,
The Mountain ou dernièrement
Cold Case, bref Shaun n’est plus ce qu’on pourrait appeler un bleu, et à la vision d’
Invasion on comprend que le créateur a de la bouteille. L’histoire est un mixte de tout ce que la SF nous a pondu dans le genre invasion extra-terrestre, piochant à chaque fois des ingrédients pour nous concocter sa propre relecture de tous les codes et poncifs du genre. Ce qui nous amène au même postulat que pour Surface, le résultat n’a vraiment rien d’original, mais possède beaucoup de bonnes choses, quelques idées intéressantes et surtout une structure cohérente qui font de Invasion une petite surprise, un entrée savoureuse à déguster. L’intrigue principale se développe autour des changements mineurs de certains personnages clés après le passage de l’ouragan. Changements mineurs mais qui s’accentuent peu à peu au fil des épisodes.
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Le héros Russel et son frère, amoureux des théories de complot, vont donc eux aussi peu à peu entrevoir ces changements et chercher à en percer le secret. Le village est évidemment coupé du monde, ce qui permet de cloisonner le récit et de ne pas se perdre dans une histoire mondiale invraisemblable. D’autre part les scénaristes reprennent la recette de
Lost en développant en profondeur les rapports humains, leur psychologie et la reconstruction du village. De nombreuses petites sous-intrigues plus sociales viennent donc se greffer à la story line principale, et cela semble plus digeste que pour
Lost. Cassidy a vu les qualités de ce type de structure mais aussi ses défauts, et malgré un rythme assez lent, on ne s’ennuie que rarement et l’histoire principale continue toujours d’avancer.
Côté réalisation on retrouve ce qui est entrain de devenir la patte ABC, tout est fait pour ce rapprocher au maximum d’un film. Techniquement irréprochable (au passage les diffusions en hdtv sont un bonheur), les décors, les couleurs, les cadrages ou le montage ne souffrent d’aucune faiblesse. Mention spéciale pour la réalisation des scènes durant l’ouragan très réalistes et très réussies. Du show ABC pur jus tout comme
Lost,
Alias ou
Desperate Housewives. Cependant,
Invasion ne possède pas d’identité visuelle propre pouvant au premier coup d’œil nous permettre de savoir ce que l’on est en train de regarder. Travail léché mais impersonnel donc.
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Le produit final est donc des plus plaisants et une petite comparaison avec Surface s’impose. L’histoire de fond est assez proche mais le développement de l’histoire est très différent. Surface est beaucoup plus centrée sur sa storyline principale et n’en déroge que très peu. De son côté Invasion multiplie les personnages et les sous-intrigues avec plus ou moins de rapports avec la principale. Ainsi même si les deux séries semblent parler de la même chose, en réalité elles restent assez différentes de par leur rythme et leur façon de traiter leur sujet. Presque deux séries complémentaires qui peuvent se suivre en parallèle pour suivre deux visions d’un même thème. La qualité étant présente dans les deux shows, on obtient un match nul, chacune possède ses qualités et ses défauts et chacun aura sa préférence, mais objectivement elles se valent toutes les deux.