C'est en travaillant sur sa première série
Felicity, que JJ Abrams imagine le concept d'
Alias. Il travaille sur le personnage de Sydney et sur les points récurrents de la série. Puis vient la rencontre avec Jennifer Garner, sur le même plateau de
Felicity, ce qui va accélérer le projet.
Alias voit le jour en 2001 sur ABC, la même année que
24. Le succès critique est immédiat et l'audience est au rendez-vous. Le pilote est conçu comme un petit film à part entière, mettant en place l'action, les enjeux et les personnages efficacement. Un début réussi qui montre déjà une grande maîtrise d'écriture de la part d'Abrams.
Abrams ne s'arrêtera pourtant pas là, et va créer une vrai mythologie autour d'
Alias, la doter d'arc sur toute une saison, voire sur toute la série. La création du personnage de Rambaldi s'inscrit dans cette idée, croisement entre Nostradamus et Leonard de Vinci. Il va devenir l'une des pierres angulaires du show. Dépassant le simple cadre de l'espionnage,
Alias s'étoffe épisode après épisode, s'éloignant peu à peu de son cœur de cible teenager du début pour devenir plus complexe, plus tortueuse. Les scénarii deviennent de plus en plus alambiqués, le suspense maîtrisé assure une tension permanente et crée l'envie de voir la suite. Ils prennent ainsi un malin plaisir à balader le spectateur, jouant sur les twists finaux, les retournements de situations, les traîtres ou les agents doubles, voire triples.
Techniquement carré, Abrams nous montre sa volonté de s'éloigner du côté cheap du petit écran. Bien avant
Lost,
Alias montrait déjà le soin apporté par le bonhomme à ses créations, prouvant que la télévision offre aujourd'hui un support où il est possible de réaliser des productions concurrençant le cinéma, ou du moins qui n'a plus à rougir face à elle. Bref du sérieux, nous permettant de nous plonger d'autant plus dans l'action et de savourer avec plaisir l'inventivité de l'histoire.
alias s1 16
Côté casting, la galerie de personnage est touffue. On retiendra Jennifer Garner sur qui repose en partie la série. Souvent impeccable en Nikita des années 2000, elle insuffle l'humanité nécessaire à son personnage pour qu'on puisse y croire, même si son côté fleur bleue politiquement correcte peut irriter par moment. Pour le reste, celui qui sort son épingle du jeu est Ron Rifkin (Arvin Sloane) dans son rôle tour à tour badguy et repenti.
Alias marqua le renouveau du genre avec une structure classique à l'inverse de
24, mais avec un suspens hautement maîtrisé et une réalisation souvent classieuse. Abrams a su créer une vraie série complexe autour de l'univers des espions et y a ajouté sa patte caractéristique avec des mystères plus tournés vers le fantastique. A conseiller donc à tous les amoureux du genre, qui sauront passer outre la fausse première impression et se plonger dans un univers où soupçon, trahison et mystère sont le lot quotidien.