Cold case, rebaptisée
Cold case, affaires classées en VF, s'attache à la réouverture de crimes non résolus, parfois très anciens, et au quotidien de la brigade criminelle de Philadelphie. Au cœur de l'action, l'inspecteur Lily Rush, véritable héroïne dans tous les sens du terme, sacrifie sa vie personnelle pour mener à bien ses enquêtes. Seule femme de l'équipe, elle élucide les crimes et offre le repos éternel à l'âme des victimes, tout en réconfortant leurs proches. Sa vocation reste voisine de celles de nos copines Allison de
Medium et
Afterlife, l'esprit fantastique en moins. L'actrice Kathryn Morris – une vraie révélation – porte la série sur ses épaules en lui apportant une dimension humaniste et spirituelle. Très proche de
FBI, portés disparus (du même papa Bruckheimer) de par sa construction, une enquête par épisode,
Cold case est d'une qualité nettement supérieure. Aux commandes, une femme, Meredith Stiehm, fait assez rare dans le domaine des séries policières, qui a fait ses classes en tant que scénariste d'
Urgences, Beverly Hills, NYPD Blue et
Washington Police. Elle parvient à insuffler une intensité dramatique rare sur presque chaque épisode, ne distillant que très peu de renseignements sur les personnages. Chaque nouvelle information concernant leur vie privée est ainsi vécue comme une révélation, accroissant leur charisme au fil des saisons.
cold case 10
La véritable originalité du show est de nous faire revivre les événements passés, replongeant le spectateur dans le contexte de l'époque, toujours minutieusement reconstitué. La bande originale magique – constituée de tubes de l'année des meurtres, tous plus célèbres les uns que les autres – les décors et les diverses voitures utilisées permettent une immersion totale. La série joue habilement sur les flash-back sur les personnages, dont la ressemblance est souvent frappante à 20 ans d'écart, soulignant leur évolution, positive ou négative. Dans leur quête de la vérité, Lily Rush et son équipe s'attachent autant à déterminer les raisons qui ont conduit à commettre l'irréparable qu'à démasquer le criminel. Chaque personnage bénéficie d'une psychologie fouillée, même les pires meurtriers : leurs interactions avec les membres de l'équipe s'en trouvent renforcées. Certains de leurs comportements renvoient au passé des héros, faisant écho à des douleurs enfouies.
cold case 5
La construction des épisodes suit toujours le même schéma : une scène d'introduction, le plus souvent heureuse, décrivant la victime et son entourage à la date de sa mort, qui s'achève sur le corps inanimé, sans nous en expliquer davantage. Puis, retour de nos jours, dans les bureaux de la police de Philadelphie. Un élément nouveau resurgit et Lily Rush rouvre le dossier. S'ensuivent des rencontres avec les proches des victimes pour faire avancer la nouvelle enquête ; tout comme les détectives, le spectateur est souvent aiguillé vers un faux coupable. Les suspects sont interpellés dans la salle d'interrogatoire, oppressante et confinée, qui constitue pratiquement un personnage à part entière. C'est ici qu'ils craquent et font généralement leurs aveux.
cold case 8
À la fin de chaque épisode, Lily a des visions furtives de la victime, qui semble la remercier après la résolution des crimes, dont l'atrocité fait souvent froid dans le dos. Elle devient ainsi le pendant humain des anges des
Routes du paradis : eux descendent sur Terre pour aider les vivants et elle s'occupe des morts depuis la Terre. Contrairement aux
Experts & Cie,
Cold case s'intéresse plus à la psychologie des personnages qu'à la résolution purement "technique" des meurtres. Ici, pas d'expertise médico-légale détaillée, ni d'interventions musclées sur les lieux. Seules comptent les relations entre les protagonistes, donnant à la série ce supplément d'âme qui lui est si cher. Cependant, à persister dans ce schéma répétitif, la série pourra s'essouffler sur la longueur et le spectateur reprochera de ne plus être surpris. Réponse dans la saison 3 à la rentrée sur Canal + avec deux nouveaux personnages féminins.