Devant le succès retentissant des
Experts, la chaîne américaine CBS demande à son producteur Jerry Bruckheimer, accompagné de son comparse Jonathan Littman, d'imaginer une nouvelle série. Au même moment, la presse américaine s'emballe pour une affaire de disparition, celle de Chandra Levy, stagiaire du Bureau des prisons de Washington. L'enquête mettra à jour la double vie de la jeune femme, entretenant une liaison avec un politicien marié. Jonathan Littman perçoit le potentiel dramatique de cette histoire et
FBI, portés disparus, dont la création est confiée à un ancien journaliste sportif, Hank Steinberg, voit le jour en 2002. D'abord intitulée
Vanished (Disparus), la série s'appellera finalement
Without a trace (Sans laisser de trace) et débarque sur les écrans français au cours de l'été 2004. Environ 850 000 personnes disparaissent chaque année aux États-Unis et ce phénomène émeut particulièrement le public, vu les audiences croissantes de la série qui se paie le luxe de battre
Urgences en prime time.
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L'action se déroule dans un New York post-11 septembre et se centre sur une section spéciale du FBI, créée de toutes pièces, chargée de retrouver des personnes disparues. À la tête de cette équipe, Jack Malone, un agent à priori sans peur et sans reproches, souvent confronté à des situations assez atroces. Avec ses quatre employés, il mène sans cesse un véritable combat contre la montre ; chaque minute qui s'écoule minimise les chances de retrouver la victime vivante. Un chrono à la
24 nous rappelle depuis combien d'heures la personne a disparu, accroissant le suspense. Pour retrouver les victimes, les agents spéciaux utilisent la méthode des profiler, afin de déterminer leur profil psychologique. Ils collectent des informations auprès de leurs proches et de leurs familles pour retracer heure par heure la journée de la disparition. L'équipe de Jack Malone se montre parfois agressive sur le terrain, notamment lors de rencontres musclées avec les suspects, mais fait surtout preuve de psychologie et de diplomatie pour gagner la confiance de certains témoins. Chaque personnage apporte sa pierre à l'édifice, avec sa sensibilité, son expérience et ses méthodes propres. Il leur arrive de nouer des liens forts avec certaines victimes, émus par leur histoire. La série souligne la dimension humaine des agents spéciaux qui ne ressemblent pas à des super héros invincibles. Ils commettent tous des erreurs de jugement à un moment donné dans leur carrière, les rendant accessibles. Le spectateur opère alors un processus d'identification doublé d'un appel à la réflexion : aurions-nous agi ainsi face à la même situation ? Aux États-Unis, l'implication du public est encore plus marquée ; à la fin de chaque épisode, un des membres du casting diffuse un réel avis de recherche d'une personne disparue. Le FBI a d'ores et déjà retrouvé un bébé de 18 mois et un frère et sa sœur grâce aux appels de téléspectateurs.
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Les épisodes fonctionnent par flash-back entre les derniers moments de la victime présumée avant sa disparition et l'enquête en cours, permettant au spectateur de se projeter dans la peau des agents spéciaux. Les informations qu'ils récoltent offrent un aperçu du quotidien de la victime et de son profil psychologique, toujours dans le but de comprendre les raisons de sa disparition, qui conduiront à la retrouver. Les protagonistes sont confrontés à toutes sortes d'éventualités : le rapt, la séquestration, la torture, la pédophilie… mais contrairement à une banale enquête criminelle, la victime n'est pas nécessairement décédée et ils doivent envisager toutes les hypothèses possibles. Certaines personnes choisissent délibérément de disparaître et aucune loi ne peut les y en empêcher. Les scénaristes s'entourent de professionnels tels des policiers, des anciens membres du FBI, des juges pour coller le plus possible à la réalité. Et comme dans la vraie vie, toutes les affaires ne sont pas élucidées : parfois ils ne retrouvent pas la victime, parfois elle est morte. La série n'est pas sans rappeler sa petite sœur
Cold case des mêmes producteurs, créée un an après. L'accent est mis sur les enquêtes et non sur les personnages même si les auteurs entretiennent moins de mystère sur les héros. Elle répond au même principe, une enquête par épisode, et pour que le spectateur puisse être interpellé, les personnages, surtout les victimes, ont une psychologie assez fouillée. Reste à savoir jusqu'à quel point
Cold case influence
FBI, portés disparus qui, comme le bon vin, est meilleur d'année en année, passée une certaine maturation.