Prenez mon amour, prenez mes terres, amenez moi où je ne peux me tenir. Je m’en fiche, je reste libre, vous ne pouvez m’enlever le ciel. Plongez moi dans les ténèbres, dites-leur que je ne reviendrais pas. Brûlez la terre et faites bouillir les mers, vous ne pouvez m’enlever le ciel. Il n’y a nulle part où je puisse être depuis que j’ai trouvé la sérénité/le Serenity, vous ne pouvez m’enlever le ciel.

Voici en substance les paroles qui ouvrent le générique de la nouvelle série que Joss Whedon met en place à la suite de l’annulation de sa série Angel : Firefly. Ses paroles, que l’ont place naturellement dans la bouche du personnage principal de la série, résument à elles seules les intentions et le background de celle-ci : se déroulant 500 ans après notre ère (en l’an de grâce 2517 exactement), l’histoire de Firefly prend place dans un monde où l’homme a fini par se lancer dans la conquête de l’espace. Evidement, il arriva un moment où les intérêts personnels de ces nouveaux pionniers et des compagnies tentaculaires à la fois commerciales et gouvernementales entrèrent en conflit. S’en suivi une guerre civile à l’échelle galactique (tristement appelée guerre d’unification) qui finit par voir la victoire de l’Alliance (un conglomérat ressemblant à s’y méprendre à la structure gouvernementale totalitariste de Starship Troopers) face aux indépendants (ou Browncoats, un nom singulier qui fut repris par les fans du programme).

Un terrain idéal pour Joss Whedon qui, écrivant le synopsis de la série après la lecture du livre The Killing Angels chroniquant la bataille de Gettysburg lors de la guerre civile américaine, désirait placer ses héros dans le camp des perdants avant de les faire évoluer tels des parias dans ce monde fraîchement colonialiste. C’est ainsi que les personnages de Malcolm Reynolds et Zoe Washburne sont d’anciens combattants ayant fait partie de l’armée indépendantiste, forcés afin de garder leur liberté, de s’improviser contrebandiers et de faire profil bas face aux services d’ordres interplanétaires officiels. Après avoir recruté un pilote, une mécano et un mercenaire afin de mener rondement leur petites affaires, la série débute alors que montent à bord un frère et une sœur désirant eux aussi échapper à l’alliance, ainsi qu’un prêtre partant apparemment en pèlerinage, la série contant les aventures de ce petit groupe hétéroclite face aux impératifs de tous les jours qui, dans leur situation, se révèle toujours être une aventure périlleuse. Entre la recherche de travail pour payer l’équipage et le carburant, le passé des divers membres finissant fatalement par les rattraper, le perpétuel besoin de rester sous le radar d‘une Alliance omniprésente pourchassant les contrebandiers et étant activement à la recherche des deux fugitifs au passé trouble et à la valeur inestimable (et qui deviendront bientôt le fer de lance du combat de Malcolm grâce à ce qu’ils représentent), ils seront de plus confrontés aux surprises d’un monde nouveau en constante évolution.

Car Joss a bien dû créer tout un monde pour mettre en scène tout ce joyeux petit groupe. Un monde dont il a fallu penser la culture, les us et coutumes et l’impact d’évènements directement liés à son expansion. Ainsi, ce nouveau monde est un amalgame de culture américaine et chinoise, les personnages utilisant souvent les deux dialectes pour parler le plus naturellement du monde (les voir s’insulter en chinois est d’ailleurs particulièrement jouissif) alors que des décors des planètes les plus riches ressort aussi cet improbable mélange. Des planètes (ou stations spatiales) aux décors high-tech, brûlant de milles feux, et voyant défiler une foule variée cependant vide de toute présence extra-terrestre. Un parti pris d’ailleurs salutaire dans une science fiction post-Star Wars où nombre d’intrigues sont souvent plombées par la présence de problèmes et d’intrigues politiques propres à des races irréalistes dont le spectateur n’a souvent que faire, l’humanité étant par elle-même assez riche sans que l’introduction d’une race en soulignant à peine un ou deux traits ne soit nécessaire.

Les planètes en cours de colonisation ou peu avancées ressemblent quant à elles invariablement à un farwest du meilleur effet où se croisent diverses montures, que celles-ci soient à 4 pattes ou à turboréacteurs. Un décor d’ailleurs propice à de nombreuses scènes de conflit, qu’il s’agisse d’un braquage de train, d’une baston de saloon ou d’un siège de maison close, des scène brassant des thèmes toujours universels, qu’on imagine aisément toujours d’actualité dans un futur lointain (arnaques à grande échelle, chasses aux sorcières, mafias, combats pour l’indépendance loin des conglomérats, conséquences de grande guerres, …). Mais malgré des problèmes toujours inhérents à cette invariable nature humaine, certains concepts ont tout de même fini par évoluer.

Ainsi, pour exemple, le principe de prostitution a donné naissance à une classe surprotégée nommée les compagnons. Ces compagnons forment en effets une classe à part, estimée car choisissant elle-même sa clientèle, et subissant un apprentissage culturel intense et recherché. Les compagnons, exclusivement féminines, apportent étiquette, respect et privilège à ceux dont elles acceptent les temporaires avances, et sont par nature au delà de tout soupçon. Un avantage que Malcolm Reynolds utilisera à bon escient, un compagnon du nom D’Inara ayant élu domicile dans une partie de son vaisseau afin de pouvoir visiter divers clients (portant ainsi l’équipage du Serenity au nombre de 9). Doté de ce prestige, le vaisseau pourra accéder à des coins usuellement interdits aux simples vaisseaux de transports, et permettant à l’équipage de mettre la main sur diverses denrées et autres substances rares, que celles-ci soient au profit direct de l’équipage ou destiné à la revente à des prix prohibitifs.

Joss Whedon laisse ainsi libre cours à son imagination dans un monde aux opportunités scénaristiques virtuellement infinies. Un monde où son amour pour les menaces terrifiantes lui permet aussi de créer une classe d’être à l’apparition aussi aléatoire que dangereuse : les reavers. Humains devenus fous à la suite de mystérieux évènements, les reavers sont des créatures si primitives et si sauvages que leur seule évocation suffit à rendre folles de peur (quand ce n’est pas folles tout court) les personnes qui entrent en contact avec elles. Une menace qui se retrouvera finalement liée à l’Alliance, décidément sans scrupule, lors d’un film grandiose sur grand écran destiné à clore en beauté une série que les déboires avec la production rendirent à la foi maudite et culte, la série étant annulée lors de son premier run, alors que tous les épisodes produits ne seront même pas diffusés, les fans devant attendre avec espoir une édition DVD qui leur rendra finalement grâce.

Véritable phénomène, la série, malgré sont annulation précipitée, donnera lieu à de nombreuses déclinaisons (comic books, jeux de rôles…) et permettra même aux acharnés de profiter du film pour donner lieu chaque année à une expérience planétaire à la fois hommage, réunion de fans et évènement lucratif en la création du « Serenity day », ayant lieu le jour de l’anniversaire de Whedon. Cet évènement consiste en la projection payante du film dans une sélection de salles de cinéma choisies afin de rassembler les inconditionnels du show et d’attirer de nouveaux fans, mais aussi de rassembler des fonds afin de soutenir l’action des organisations des droits de la femme. Rarement une série aura été aussi loin.

Instantanément culte, la série se pose ainsi comme un véritable bijou télévisuel qu’il est salutaire de découvrir, traitant de sujets aussi vastes que divers et profonds avec la maestria d’un Joss au top de sa forme, d’autant qu’il n’a pas crée d’autre série depuis. Le vaisseau en forme de luciole aura même droit à un petit caméo dans le pilote de la série Galactica (à vous de le chercher). C’est dire à quel point il est indispensable de rattraper son retard.

David brami

 



box office

1

GRAN TORINO
entrées : 1 522 090 (2 semaines)




2

WATCHMEN - LES GARDIENS
entrées : 377 235 (1 semaine)




3

MARLEY ET MOI
entrées : 357 977 (1 semaine)




4

LOL (LAUGHING OUT LOUD)
entrées : 2 979 861 (5 semaines)




5

SLUMDOG MILLIONAIRE
entrées : 1 721 583 (8 semaines)




6

HARVEY MILK
entrées : 235 246 (1 semaine)




7

VOLT, STAR MALGRE LUI
entrées : 2 695 677 (5 semaines)




8

LE CODE A CHANGE
entrées : 1 355 695 (3 semaines)




9

CYPRIEN
entrées : 551 649 (2 semaines)




10

LAST CHANCE FOR LOVE
entrées : 160 641 (1 semaine)