Fraîchement diplômée, Betty Suarez est engagée comme assistante du rédacteur au sein du célèbre Mode Magazine. Cependant, la seule raison de son embauche vient du futur ex directeur de la rédaction : Bradford Meade. Ce dernier espère qu’en embauchant une assistante au physique peu gratifiant, son fils, Daniel, ne sera pas tenté de coucher avec elle et spolié tout le travail d’une équipe. Betty va devoir donc s’accommoder de ce monde qui n’est pas le sien… en apparence !

Ugly Betty n’est pas une série originale, au sens propre du terme. Version américaine d’une télénovéla colombienne intitulée Yo soy Betty la Fea, la jeune série fait partie d’un grand nombre de programmes adaptés par de nombreux pays à travers le même monde pour les publics locaux. Ainsi, le show part avec un handicap de taille : sera-t-elle capable de surmonter les défauts inhérents du programme d’origine ? Pourra t-elle renouveler ce personnages au physique peu avantageux, mais aux qualités morales irréprochables ? Pour ce faire, l’actrice mexicaine Salma Hayek décide de produire la série adaptée par Silvio Horta. Peu connu du monde de la télé, le pari semble risqué mais les deux compères y croient dur comme fer.




ugly betty

Le 26 septembre 2006, la série est lancée et remporte un franc succès : pour son premier épisode, 16,1 millions d’américains suivent les délirantes aventures de Betty au sein du célèbre Mode Magazine. Malgré une baisse d’audience significative lors de sa première année, la série est suivie par près de 10 millions d’américains. America Ferrara, excellente interprète de Betty Suarez, fait la couverture de tous les magazines et la série récolte le maximum de récompense lors de prestigieuses cérémonies telles les Golden Globes ou lors de la 59e cérémonie des Emmy Awards.

Un tel engouement peut s’expliquer par un net regain d’intérêt du public pour ce monde inaccessible qu’est celui de la mode. Après le succès mondial du Diable s’habille en Prada, les spectateurs semblent de nouveau se passionner pour les crêpages de chignons et autres luttes de pouvoirs entre rois et reines de beauté. Ugly Betty en devient alors la parfaite interprétation. Elle continue d’explorer les coulisses de la mode, mais cette fois en apportant une touche plus personnelle et prononcée : l’autodérision.




ugly betty

Cette fois on ne cherche pas à étudier le milieu de la mode et à le montrer de la manière la plus réaliste qu’il soit. Non, ce coup-ci les créateurs vont s’en moquer. Le pitch même de la série commence comme une grosse farce : Betty est engagée au sein de la rédaction d’un célèbre magazine de mode car son physique empêchera le nouveau rédacteur en chef de coucher avec elle. Betty sera donc l’ultime instrument de la farce, celui par quoi tout semble graviter. Et très vite, les personnages secondaires vont s’imbriquer dans ce mic mac comique. Toutes leurs caractéristiques vont être poussées au maximum de manière à jouer sur un comique de personnage jouissif : la jeune femme qui espère obtenir une promotion devient une garce manipulatrice, nymphomane et arriviste ; l’assistant serviable devient un efféminé prêt à tout pour réussir ; la sœur un peu légère deviendra celle qui est tombée enceinte à 18 ans et a dû arrêter ses études pour un quotidien misérable. Bref, dans Ugly Betty, la surenchère est plus que recommandée puisqu’elle amène l’essence comique de la série.

L’autre point positif de la série réside dans sa galerie disparate d’acteurs. En osmose avec leurs personnages, ils livrent d’excellentes prestations, du premier rôle jusqu’au rôle le plus en retrait. Latinos, américains, afro-américains, gays, transsexuelles, toutes les minorités sont au centre de la série et ajoutent au casting une force incroyable. Dans Ugly Betty, tout le monde est au même rang.




ugly betty

Ces mêmes personnages sont au centre d’étonnants rebondissements abracadabrantesques. En jouant le jeu de l’autodérision, les créateurs n’hésitent pas à se moquer des coups de théâtre rocambolesques dont seuls les soaps ont le secret. Ainsi, on découvre que le frère de Daniel Meade, n’est autre que la femme au visage bandée. Une situation plus qu’improbable qui montre bien le peu de limites que s’accordent les scénaristes ! Certains rebondissements peuvent alors surprendre, mais tous servent ce besoin de recul de la part de la série vis-à-vis de ses homologues étrangers. Les histoires posséderont toujours un côté poussif, lorgnant parfois vers l’indigeste, mais elles ne sont pas à prendre au sérieux.

Ugly Betty s’apparente donc à une énorme caricature de la mode et des drames futiles des soaps opera. Toutefois, elle ne verse pas dans la critique sociale intellectuelle. Par l’humour, elle espère détendre, mais aussi lyncher un maximum de personnes !

Jimmy Gouyet

 



box office

1

GRAN TORINO
entrées : 1 522 090 (2 semaines)




2

WATCHMEN - LES GARDIENS
entrées : 377 235 (1 semaine)




3

MARLEY ET MOI
entrées : 357 977 (1 semaine)




4

LOL (LAUGHING OUT LOUD)
entrées : 2 979 861 (5 semaines)




5

SLUMDOG MILLIONAIRE
entrées : 1 721 583 (8 semaines)




6

HARVEY MILK
entrées : 235 246 (1 semaine)




7

VOLT, STAR MALGRE LUI
entrées : 2 695 677 (5 semaines)




8

LE CODE A CHANGE
entrées : 1 355 695 (3 semaines)




9

CYPRIEN
entrées : 551 649 (2 semaines)




10

LAST CHANCE FOR LOVE
entrées : 160 641 (1 semaine)