Lucas et Nathan sont deux frères vivant dans la petite ville de Tree Hill en Californie du Nord. Mais contrairement à la majorité des personnes partageant ce lien de parenté, les deux frères n’ont pratiquement aucun contact. En effet, leur père a renié le premier en laissant sa mère Karen enceinte afin de poursuivre une carrière de sportif à l’université. Université où il a cette fois rencontré Debbie, avec qui il a refait sa vie et à qui il a donné un fils qu’il considère comme son digne héritier. Deux mondes totalement opposés tandis que Lucas, passionné de littérature, vit au jour le jour avec sa mère, son oncle Keith et sa meilleure amie Haley, tandis que Nathan partage une existence idyllique et aisée avec sa copine Peyton, malheureusement étouffé par un père qui nourrit pour lui d’ambitieux projets.




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Mais outre ce père commun et le fait d’habiter à Tree Hill, les deux frères partagent une autre passion qui va finir par les rapprocher : un véritable don pour le basket-ball qui va les rapprocher et occasionner tout d’abord un clash, avant que les univers ne se mélangent et que ne s’opère la magie du drama adolescent, entre amour et amitié. Les frères vont alors tomber amoureux d’une demoiselle de la partie adverse (Lucas va flasher pour la petite amie de Nathan Peyton, alors que Nathan tombera amoureux de Haley, la meilleure amie de Lucas) avant d’être forcé par les évènements à s’allier et à s’auto épauler. S’entame alors une très longue saga plus familiale que sportive qui va voir le quotidien de la petite ville de Tree Hill bouleversé à tout jamais, entre les effusions de joie, les pleurs et le devenir de la petite bande aux aspirations gigantesques. L’histoire de la vie en somme.

A l’origine destinée pour être un long métrage, l’histoire des Frères Scott, créée par un Mark Schwann à l’époque scénariste de seulement deux films (dont Dangereuse Séduction où il officia également en tant que co-producteur) s’est vue déclinée en série sous le conseil d’un exécutif de la Warner à qui le projet avait été présenté. Grand bien lui a pris, alors que la série, introduite sur la chaîne THE WB à la suite des Gilmore Girls (et renommée One Tree Hill afin que le titre Ravens original ne rebute pas les ménagères et les jeunes filles, la série étant originalement prévue pour être centrée sur le basket) est devenue incroyablement populaire.




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Une chose est claire cependant, ce n’est pas dans sa mécanique scénaristique qu’il va falloir chercher le charme et le succès de la série alors qu’à ce niveau, elle n’a clairement pas inventé l’eau chaude. Ainsi, mis à part son point de départ scénaristique, elle se borne à suivre des mécaniques éculées amusantes par leur prévisibilité, quand elles ne sont pas tout simplement frustrantes. Il est ainsi convenu que chaque occasion qu’auront les scénaristes de brouiller à nouveau les relations amoureuses des personnages sera exploitée jusqu’au trognon, à l’image de ce passage de la première saison où Lucas, voyant Peyton et Nathan s’embrasser furtivement par tradition après une soirée d’enchère, ira imaginer tout et n’importe quoi alors qu’il embrassera lui-même son amie Haley par tradition, n’ayant aucun sentiment romantique pour elle alors que celle-ci sort avec Nathan. De même, chaque situation de crise est également l’occasion pour deux amis de se rapprocher romantiquement tandis que, sortant avec Brooke, le Lucas prônant la fidélité se retrouvera toujours à embrasser Peyton (lors de la supposée mort du père de cette dernière (saison 1) ou de la fusillade de la saison 3), Brooke pétant toujours un cable alors qu’elle apprend inévitablement la chose (et tout repart à zéro). Seule exception à la règle, le couple « Nathan + Haley » qui, mis à part une seconde saison qui leur permet d’évoluer un tantinet et de renouveler leurs vœux, et une cinquième où le couple traversera une situation de crise pour mieux repartir.

Mais si la mécanique de l’histoire en elle-même est éculée, où se trouve la substantifique moelle direz-vous ? Les adeptes de triturages de cerveau existentiels et d’effets spéciaux à connotation métaphorique joueront les mauvaises langues en disant : nulle part. Et ils auront tort. En effet, bien qu’il sera difficile au novice de regarder un épisode de la série sans jamais avoir suivi quoique ce soit (à l’exception de quelques délires scénaristiques), c’est surtout dans l’intime familiarité qui se noue entre le spectateur et des personnages attachants que réside tout le sel des Frères Scott, tandis que peu à peu, chaque coup de théâtre, chaque retournement de situation, chaque incident marquant nous les fait aimer un peu plus. Malgré son statut de beau gosse et le fait que les filles se battent pour lui, difficile de définir Lucas avec cet archétype tandis que sa personnalité et son passif le rendent éminemment sympathique. Impossible de définir Brooke comme une jeune fille bête et jolie hautement délurée alors que ses aspirations et l’interprétation de Sophia Bush touchent souvent droit au but. Et c’est le cas pour de très nombreux personnages de la série, le pompon revenant à Dan Scott, personnage au départ antipathique au possible, mais jouant tellement la girouette entre son désir d’aider son prochain et de lui démonter la figure à cause de fausses assomptions qu’on finit par vouloir voir cet espèce de Dark Vador télévisuel oscillant entre la bonté et le mal absolu, triompher.




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Qui plus est, la série possède tout de même des épisodes qui, s’ils ne sont pas révolutionnaires, possèdent leur quota réglementaire d’émotions et de fous rires. Et même si tout semble un peu formaté, un peu trop calculé, la méthode est trop bien huilée pour qu’elle ne fonctionne pas. On se prend ainsi à avoir ses petits chouchous, et à les voir évoluer, varier, changer au fur et à mesure des saisons, baladés par la volonté de scénaristes qui, si au cours de l’année, semblent changer de priorité comme de chaussettes (combien de fois as t’on vu Lucas dire à Peyton/Brooke (au choix) qu’elle était la seule et l’unique ?) préparent toujours des dénouements chocs et millimétrés dans la plus pure tradition du genre. Et alors qu’arrive une cinquième saison zappant intelligemment la case universitaire pour retrouver ses personnages plus de quatre ans après la fin du lycée, les scénaristes semblent même oublier leur habituelle propension à étirer leurs intrigues plus que de raison (alors qu’il est désormais commun de lancer des enjeux et de les résoudre immédiatement pour avancer, Les Frères Scott mettra une saison et demie pour résoudre la mort d’un de ses personnages principaux alors que le spectateur est déjà au courant de toute l’intrigue).

Cerise sur le gâteau, la série partage un amour de la musique manifeste (la série est nommée après une chanson de U2 et chaque épisode porte le titre d’une chanson) et bénéficie d’une bande son incroyable, proposant au fur et à mesure de ses épisodes, un catalogue de chansons absolument sidérant, à tel point qu’on serait presque tenté de suivre les épisodes simplement pour savoir qui les producteurs ont découvert cette fois. Depuis le premier episode, on a ainsi pu entendre Forty foot echo, Yellowcard, Maroon 5, Travis, The New Amsterdams, Counting Crows, Stereophonics, Belle & Sebastian, Snow Patrol, The Darkness, Keane, Jimmy Eat World, Black Eyed peas, Smashing Pumpkins, The Veils, Fall Out Boy, The Bravery ou encore Franz Ferdinand. Même l’actrice Bethany Joy Galeoti poussera la chansonnette avec un « Halo » entêtant de très bonne facture. Qui plus est la série n’est également jamais avare en guests stars. Alors qu’on a eu le plaisir de voir passer Michael Trucco de Battlestar Galactica pendant un nombre conséquent d’épisodes, de nombreux musiciens ont également tenu des rôles plus ou moins importants et on s’amuse à reconnaître Sheryl Crow, Tyler Hilton ou Peter Wentz de Fall Out Boy au détour d’un épisode.




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Bien évidemment, la série aura du mal à séduire les adeptes de changement, de pitch conceptuels et de narration ultra speed (on leur conseillera alors Kyle XY), mais si vous cherchez une série un tantinet classique avec des personnages attachants et une histoire à l’ancienne assez complexe pour vous tenir en haleine et parler pendant des heures dans la cours du lycée (ou près de la machine à café) d’intrigues que seuls les initiés seront à même de comprendre, foncez, Les frères Scott c’est du tout bon.

David Brami

 



box office

1

GRAN TORINO
entrées : 1 522 090 (2 semaines)




2

WATCHMEN - LES GARDIENS
entrées : 377 235 (1 semaine)




3

MARLEY ET MOI
entrées : 357 977 (1 semaine)




4

LOL (LAUGHING OUT LOUD)
entrées : 2 979 861 (5 semaines)




5

SLUMDOG MILLIONAIRE
entrées : 1 721 583 (8 semaines)




6

HARVEY MILK
entrées : 235 246 (1 semaine)




7

VOLT, STAR MALGRE LUI
entrées : 2 695 677 (5 semaines)




8

LE CODE A CHANGE
entrées : 1 355 695 (3 semaines)




9

CYPRIEN
entrées : 551 649 (2 semaines)




10

LAST CHANCE FOR LOVE
entrées : 160 641 (1 semaine)