Critique Image
La mise en scène de Philippe Claudel est très près des visages, celui de Kristin Scott Thomas en particulier. Il était important d'en saisir les regards et les expressions avec précision. C'est ce que permet cette édition à la qualité visuelle presque irréprochable. La définition est très bonne tranchée, l'image jouit d'un beau piqué, permettant de profiter des gros plans d'influence bergmanienne, riches comme des paysages. On voit les cheveux, la texture des tissus. La colorimétrie est également gérée de manière très raffinée (les blancs éclatent, le bleu du regard de l'héroïne tranche avec la neutralité de la palette adoptée par le cinéaste). Le seul reproche est à adresser aux scènes dans l'obscurité, où la compression se fait plus irrégulière, notamment lorsque les acteurs sont en mouvement et où un léger grain apparaît ainsi que quelques artefacts en arrière plan. Mais UGC video nous gratifie là d'un transfert de fort belle facture qui permet de redécouvrir ce beau film dans une copie immaculée.
Critique Son
On ne s'attend guère à de grands effets, le film étant constitué de dialogues, avec une musique très discrète de Jean Louis Aubert qui sert davantage de ponctuation que d'accompagnement (avec au générique de fin une très belle version du « dis quand reviendras tu ? » de Barbara). C'est donc sans surprise que l'on découvre une piste en Dolby Digital 5.1 extrêmement dépouillée, épurée mais claire (à l'image de la sobriété de l'oeuvre). Les dialogues se concentrent sur l'enceinte centrale avant et jouissent d'un beau relief. On aurait pu souhaiter une spatialisation un peu plus poussée, une localisation un peu plus marquée, les surrounds se faisant très discrets, ne diffusant qu'avec parcimonie quelques bruits d'ambiance et bien sûr la musique. L'approche du film est extrêmement minimaliste, d'un intimisme absolu, presque intransigeant, donc tout cela est assez cohérent. La piste en 2.0 est logiquement moins précise, un peu plus diluée.