Plus dure que le zone 1, l'image du zone 2 propose un contraste appuyé et des couleurs plus froides. La définition est souvent exceptionnelle grâce à un transfert 16/9 solide. En fait, seule quelques artefacts de compression s'avèrent visibles par moments. La plus belle image du film à ce jour.
Quand la bande son s'affole (c'est à dire souvent) comme lors de la tentative d'atterrissage de l'avion, le 5.1 déploie une dynamique proprement époustouflante. La répartitions des canaux est formidable, surtout les avants et offre ainsi un spectacle totalement enveloppant. Le caisson de basses répond présent dès que l'action s'enclenche. Avec un mixage identique, un doublage convaincant et une puissance redoutable, la VF en DD 5.1 est un régal de tous les instants.
Impossible de changer de piste à la volée.
Mieux que le zone 1. Le menu d'accueil est joliment animé (le plus réussi des rééditions Touchstone). Côté suppléments, on retrouve le commentaire audio (Vost) très technique et bavard de W. Petersen (déjà présent sur le zone 1). Constamment pertinent ! Les coulisses du film (Vost, 6' 32) est une featurette aussi inédite qu'inutile. A l'instar du DVD de Rock, la visite guidée à bord permet d'avoir durant le film des informations très diverses à l'aide de sous-titres. Il y a des choses intéressantes et d'autres bien plus risibles. Enfin, on a la teaser du film (Vost, 2.0, recadrée) et la bande annonce de Pearl Harbor (VO 5.1, 2.35).
Le Président des Etats-Unis pris au piège dans son propre avion va en faire voir de toutes les couleurs à une bande de méchants terroristes.
Il y a de fortes chances que dans d'autres mains que Wolfgang Petersen, Air Force One aurait fini par ressembler à une ignoble bouillie infâme tant visuelle que narrative. Si le film évite cela de justesse, le grand mérite en revient à son réalisateur allemand qui sait filmer efficacement et qui tente à chaque fois de crédibiliser un récit qui a furieusement tendance à partir dans le n'importe quoi, juste histoire de faire spectaculaire et patriotique.
Car, pour apprécier (un peu) Air Force One, il faut mettre de côté les invraisemblances (si nombreuses qu'on n'arrête de les compter au bout de cinq minutes), les appels du pied à la gloire de l'Amérique (le Président, sorte d'Indiana Jones des temps modernes, est indestructible et super intelligent et courageux) et les scènes ouvertement spectaculaires pour épater la galerie (la dernière demi-heure).
Résultat sur deux heures, il ne reste plus grand chose si ce n'est cette faculté qu'a Petersen à filmer de manière virtuose un espace clos : la mise en image du récit dans l'avion présidentiel n'est pas sans rappeler celle de l'intérieur de Das Boot.
Par Laurent Pécha