box office

1

GRAN TORINO
entrées : 1 522 090 (2 semaines)




2

WATCHMEN - LES GARDIENS
entrées : 377 235 (1 semaine)




3

MARLEY ET MOI
entrées : 357 977 (1 semaine)




4

LOL (LAUGHING OUT LOUD)
entrées : 2 979 861 (5 semaines)




5

SLUMDOG MILLIONAIRE
entrées : 1 721 583 (8 semaines)




6

HARVEY MILK
entrées : 235 246 (1 semaine)




7

VOLT, STAR MALGRE LUI
entrées : 2 695 677 (5 semaines)




8

LE CODE A CHANGE
entrées : 1 355 695 (3 semaines)




9

CYPRIEN
entrées : 551 649 (2 semaines)




10

LAST CHANCE FOR LOVE
entrées : 160 641 (1 semaine)

christian bale (30 Janvier 1974 - )

L'enfant star de L'Empire du Soleil a déjà vingt ans de carrière à son actif.

Et quelle carrière ! La diversité et la richesse des rôles de ce comédien intense au parcours inattendu ont de quoi faire des envieux, d'autant qu'il a déjà trouvé le moyen d'incarner l'une des icônes les plus populaire de la culture américaine, entre deux films indépendants extrêmement exigeants. La sortie de Bad Times de David Ayer, périple infernal de deux losers dangereux dans les rues de Los Angeles, est l'occasion rêvée de revenir sur les différentes étapes de la métamorphose de Christian Bale.


BAD TIMES

Né le 30 janvier 1974 à Haverfordwest, Pembrokeshire, Christian Bale grandit entre Oxfordshire et Dorset en Angleterre, ainsi qu'au Portugal et en Californie - où il vit actuellement. Son père, David Bale, est un ancien pilote de ligne et sa mère, Jenny, une danseuse et clown de cirque. Après des débuts précoces sur la scène face à Rowan Atkinson dans la pièce The Nerd in London's West End (il suivait sa sœur aînée Louise, devenue depuis metteur en scène de théâtre reconnue) et une première apparition à l'écran à l'âge de neuf ans dans une publicité pour les céréales Pac-Man, il enchaîne plusieurs rôles à la télévision dès 1986 (Anastasia : The Mystery of Anna de Marvin J. Chomsky, Heart of the Country de Brian Farnham). Lorsqu'il décroche en 1987 le rôle qui va bouleverser sa vie, celui du jeune héros d'Empire du Soleil de Steven Spielberg, Jim Graham, il coiffe au poteau rien moins que 4000 rivaux. Des débuts fracassants s'il en est, qui s'accompagnent d'une pluie d'éloges lors de la sortie du film et se solderont en fin de parcours par la création d'une nouvelle catégorie de récompenses au National Board of Review : celle du meilleur jeune espoir. Mais un tel succès - bien que le film ne soit pas le plus rentable de la carrière du grand metteur en scène - se révèle bien difficile à gérer pour un jeune garçon de douze ans. Non seulement il se retrouve brinqueballé aux quatre coins du monde pour assurer la promotion du film et contraint par conséquent d'enchaîner interview sur interview, mais ses camarades de classe ne lui réservent pas le meilleur des accueils et lui témoignent de constantes moqueries. Au point qu'il pense alors à renoncer à tout, une pensée qui sera fort heureusement de courte durée.


EMPIRE DU SOLEIL

Car la suite, même si elle semble dans un premier temps moins flamboyante, lui permet tout de même de faire quelques heureuses rencontres, comme celle de Kenneth Brannagh, qui lui confie un petit rôle dans son Henry V en 1989. Il repassera d'ailleurs par la case Shakespeare en 1999 dans Le songe d'une nuit d'été de Michael Hoffmann. Quelques téléfilms plus tard (L'ïle aux trésor (1990) de Fraser Clarke Heston et A murder of quality (1991) de Gavin Millar), on le retrouve en 1992 dans ce qui aurait pu être son vrai grand retour à l'écran : la comédie musicale Newsies de Kevin Ortega. Manque de chance, le film est un bide magistral en salles. Le jeune comédien y affirme cependant et pour la première fois ses talents de danseur, résultat d'un entraînement qui s'étale sur dix semaines avant le tournage. Ce goût pour le perfectionnisme, qui caractérise l'acteur aux yeux de tous à présent, n'est donc pas né d'hier.


SWING KIDS

Swing Kids de Thomas Carter (1993), qui le met en vedette aux côtés de Robert Sean Leonard, Frank Whaley et Noah Wyle, s'avère être une expérience plus concluante. Dans ce film, il explore déjà son côté obscur en embrassant l'idéal des Jeunesses Hitlériennes, en lesquelles son personnage croit trouver la réponse à toutes ses questions et ses frustrations. Au passage, il y retrouve Kenneth Brannagh en agent de la Gestapo. A cette époque, soit vers l'âge de vingt ans, le jeune Christian Bale postule avec succès auprès des écoles d'art dramatique les plus prestigieuses d'Angleterre : la Royal Academy of Dramatic Art (RADA), la London Academy of Music and Dramatic Art (LAMDA), et la Central School of Speech And Drama. Ses parents le persuadent toutefois de continuer à travailler au lieu d'étudier, et aujourd'hui encore, il semble regretter cette décision. Perfectionnisme, toujours ?

Pourtant, c'est déjà plus mature et épanoui qu'il réapparaît sur les écrans, dans le très réussi Les Quatre Filles du Docteur March de Gillian Armstrong. Il y est Laurie, l'ami de toujours de la famille March qui en pince sans espoir pour la fière Jo (Winona Ryder). Un rôle moins anodin qu'il n'y paraît, au sein d'un casting quatre étoiles presque exclusivement féminin (Winona Ryder, donc, mais aussi Susan Sarandon, Samantha Mathis et les toutes jeunes Kirsten Dunst et Claire Danes) : plus charmant que jamais, Christian Bale marque durablement certains esprits - celui des adolescentes et des jeunes femmes, en particulier - et se fraye une timide place parmi les jeunes acteurs les plus prometteurs de sa génération. Il noue aussi à l'occasion des liens solides avec Winona Ryder, grâce à laquelle il rencontrera par la suite la femme de sa vie, Sandra "Sibi" Blazic, alors assistante personnelle de l'actrice.


LES QUATRE FILLES DU DR MARCH

L'année suivante, le voilà qui prête sa voix au personnage de Thomas dans le film d'animation Disney Pocahontas, de Mike Gabriel et Eric Golberg. Il réitèrera l'expérience en 2004 en assurant le doublage de l'un des personnages principaux du Château dans le ciel de Hayao Miyazaki (le rôle est tenu par Takuya Kimura dans la version originale japonaise). Après une brève apparition en attardé mental dans The Secret Agent (1996) de Christopher Hampton (avec Bob Hoskins, Patricia Arquette et Gérard Depardieu) et dans le superbe Portrait de Femme de Jane Campion (face à Nicole Kidman), il passe aux choses sérieuses en enchaînant trois projets nettement plus audacieux qui sortiront tous durant l'année 1998 : des rôles en rupture indéniable avec les personnages de jeune romantique qui lui collent à la peau. Metroland (1997), tout d'abord, film anglais à petit budget de Philip Saville adapté du roman de Julian Barnes, dans lequel il incarne Chris, un trentenaire qui vit paisiblement dans la banlieue de Londres avec sa femme Emily Watson et leur enfant, jusqu'à ce que l'irruption d'un ancien camarade ramène à la surface bien des souvenirs enfouis.


VELVET GOLDMINE

L'autre projet marquant, c'est bien sûr Velvet Goldmine de Todd Haynes, un trip construit à la Citizen Kane dont il est le fil conducteur, le journaliste Arthur Stuart chargé au début des années 80 d'enquêter sur la mort de la star Brian Slade (Jonathan Rhys-Myers), survenue dix ans plus tôt. Il connaît Todd Haynes pour être l'auteur du fascinant Safe avec Julianne Moore. Dans la peau de ce fan de glam rock, il se montre émouvant, en plus de confirmer ses talents de danseur et de chanteur. Enfin, tout comme Metroland, Velvet Goldmine le voit s'aventurer dans une scène de sexe, à ceci près que son partenaire n'est plus Emily Watson mais Ewan McGregor ! Plus sérieusement, le film est aussi pour lui l'occasion de renouer avec un cinéma plus médiatisé, comme à ses débuts sous la houlette de Steven Spielberg. Les interviews se multiplient notablement à l'époque et la reconnaissance critique est bel et bien là. Manque encore un vrai succès personnel pour que le visage de Christian Bale s'imprime dans l'inconscient du grand public. Les choses ne se passeront pas comme prévu mais la chance finira par tourner une bonne fois.
Enfin, et malgré toute sa bonne volonté, All the Little Animals de Jeremy Thomas, dans lequel il joue le rôle d'un homme dont l'âge mental est celui d'un garçon de 11 ans, n'est pas ce film tant attendu. Le deuxième rôle clé de la carrière de Christian Bale, c'est bien sûr celui du golden boy Patrick Bateman, le monstre pervers du sulfureux American Psycho de Brett Easton Ellis.


AMERICAN PSYCHO

L'acteur est le premier choix de l'auteur comme de la future réalisatrice de l'adaptation cinéma, Mary Harron. Avec celle-ci, Bale planche durant de longs mois sur ce qui s'annonce comme l'une des œuvres les plus prometteuses de l'époque. Malheureusement, le projet connaît de nombreuses déconvenues, la plus gênante consistant en l'évincement pur et simple en cours de route de la réalisatrice et de l'acteur par le distributeur Lion Gate Films, au profit d'une nouvelle mouture tournant autour de la nouvelle star du moment, Leonardo Di Caprio. Il faudra toute la mobilisation des fans de l'acteur, combinée à une certaine désapprobation à l'égard des événements dans le milieu du cinéma, pour qu'American Psycho revienne à ceux qui l'avaient porté dès le début, Leo lui-même préférant finalement se désister afin de ne pas essuyer le rejet de ses pairs.

Et c'est une excellente nouvelle, car même si la version de Mary Harron n'est pas, loin de là, à la hauteur des attentes des aficionados de cette satire choc de l'Amérique consumériste des années 80, la réalisatrice porte un regard nouveau et sensuel sur celui en lequel elle croit dur comme fer, captant subtilement la dualité qui se dégage de sa personnalité et sur laquelle reposeront nombre de ses prestations à venir. La rupture avec le passé est consommée, et en dépit de l'échec au box-office d'American Psycho, Christian Bale accède enfin à la notoriété dans la peau de Bateman, des années avant de se fondre dans celle de son presque homonyme Batman. C'est aussi le début des spectaculaires métamorphoses physiques : afin de coller au plus près à l'arrogant personnage, le comédien hante les salles de musculation et se sculpte un corps de rêve, que la caméra inspirée de la réalisatrice ne manque pas de sublimer à maintes reprises au cours du film.


AMERICAN PSYCHO

Puisqu'il est question un peu plus haut de cette rivalité d'un temps avec Leonardo Di Caprio, l'on ne saurait omettre l'un des mystères les plus étonnants qui entourent l'acteur Christian Bale depuis ses débuts : celui du formidable culte qu'il suscite sur internet depuis le milieu des années 90. C'est un peu de là, grâce au soutien d'un fan club mené par un certain Harrison Cheung et dont la composition de départ - beaucoup d'adolescentes - s'est largement diversifiée depuis, que provient le parallèle entre les deux stars puisque Di Caprio profite lui aussi de la ferveur d'une communauté de fans online très active. Mais les "Balehead", comme ils se font appeler, sont sur tous les fronts et demeurent à ce jour l'un des fan clubs les plus impressionnants du net, surtout eu égard au relatif anonymat de l'élu de leur cœur durant les premières années de la mobilisation. Il est certain que ces fans, dont le meneur entretient des contacts occasionnels avec son idole, ont beaucoup fait pour répandre la bonne parole, chaque journaliste qui sollicite le comédien au cours les années 90 ne manquant jamais de le questionner au sujet de ce culte étrange.


EQUILIBRIUM

La carrière de Christian Bale ayant pris un envol incontestable avec l'excellente prestation qu'il livre dans American Psycho, les projets se font plus mainstream que par le passé, ce qui n'est pas toujours une mauvaise chose. Shaft de John Singleton, avec Samuel L. Jackson et Vanessa Williams ; Capitaine Corellli de David Madden, avec Nicolas Cage et Penelope Cruz ; et bien sûr Le Règne du Feu, de Rob Bowman. Mais la vraie bonne surprise vient d'un petit film maudit, lâché par son distributeur (Miramax) en pleine campagne marketing aux Etats-Unis et lynché par la critique locale lors de sa sortie début 2003 : Equilibrium de Kurt Wimmer, long métrage d'anticipation qui lorgne du côté des problématiques du roman Un bonheur insoutenable d'Ira Levin. Dans le monde de Librium, où toute émotion a été annihilée pour le bien de tous, Christian Bale est John Preston, l'un des "cleric" chargés de traquer toute trace de la culture d'antan, supposée corruptrice car issue d'un époque où les êtres humains se laissaient aller à leurs instincts. Aussi étonnant que cela puisse paraître, c'est dans cette perle fantaisiste à petit budget mêlant drame et action sur fond de science-fiction que Christian Bale trouve l'un de ses rôles les plus attachants et les plus caractéristiques de la versatilité de son jeu. Derrière la beauté froide de l'acteur, se cache une sensibilité à fleur de peau qui ne demande qu'à être révélée au grand jour. C'est le parcours qu'effectue le personnage tout au long du film - il redécouvre peu à peu ses émotions et donc son humanité - , et cette image du feu qui couve sous la glace résume finalement assez bien l'ambivalence de cet acteur imprévisible.


EQUILIBRIUM

A propos d'Equilibrium, comment ne pas mentionner cette fameuse "scène du chien", qui émeut aux larmes les amoureux des animaux tandis qu'elle fait se gausser ceux qui n'ont jamais entretenu de relation d'amitié avec nos compagnons à quatre pattes. On songe forcément à l'engagement très fort de la star dans la cause animale, qu'il soutient depuis de nombreuses années par le biais de la World Wildlife Fundation et du Dian Fossey Gorilla Fund, en plus de ses implications au sein de Greenpeace et de la Happy Child Fundation (soutien aux enfants des rues de Rio de Janeiro). Enfin, on notera que Christian Bale est de nouveau réuni dans Equilibrium avec Emily Watson, l'une de ses proches amies depuis Metroland.


THE MACHINIST

Après Equilibrium, il faut attendre deux ans avant de revoir le comédien dans un long métrage. Il s'est initié à la danse pour les besoins de Newsies et de Swing Kids, il s'est adonné à la musculation intensive pour servir la cause d'American Psycho, il s'est entraîné aux arts martiaux afin de réussir les gun-kata d'Equilibrium (qu'il mémorise très vite)… Il va à présent s'affamer comme jamais pour se glisser dans l'enveloppe tourmentée de Trevor Reznik, le rachitique anti-héros du sombre et singulier Le Machiniste de Brad Anderson. Une métamorphose évidemment spectaculaire, qui fait presque plus parler d'elle que le film lui-même. Dommage, car au-delà de la performance physique suicidaire (plus de trente kilos de perdus afin d'obtenir cette maigreur cadavérique absolument traumatisante), il y a le charisme inchangé et le jeu toujours débordant de sensibilité de l'acteur, qui nous immergent dans cette fable mentale aussi inquiétante qu'envoûtante. On en frémit encore. D'autant que la prochaine étape requiert une nouvelle transformation et non des moindres : Christian Bale sera le plus jeune acteur à endosser le noir costume de la plus célèbre des chauve-souris dans Batman Begins de Christopher Nolan. Mais en dépit des talents conjugués des deux hommes, ce prequel aux aventures du super-héros torturé n'atteint pas les sommets espérés. Christian Bale a repris à l'accéléré les kilos de muscles exigés par le rôle, mais semble y avoir perdu momentanément son âme. L'état de grâce du Machiniste n'est plus de mise et l'acteur remplit son contrat sans grande conviction. Le film est malgré tout un succès, et le propulse encore un cran au-dessus dans le cœur du public.

batman begins christian bale christopher nolan
BATMAN BEGINS

Plus fructueuses seront les retrouvailles avec Christopher Nolan dans Le Prestige, merveilleux et fascinant exercice de haute voltige aux rebondissements orchestrés de main de maître, dans lequel il lutte contre un Hugh Jackman tout aussi habité. Depuis quelques années, Christian Bale semble avoir une prédilection pour les personnages extrêmement sombres, comme le montre ce film injustement boudé par le public, mais aussi et bien sûr Bad Times de David Ayer, qui renvoie directement à American Psycho pour la sauvagerie dont le personnage fait preuve, tout en se montrant capable dans le même temps d'arborer un vernis des plus civilisés lorsque les circonstances l'exigent. Dualité toujours : le protagoniste de Bad Times oscille entre tendresse (pour sa compagne) et brutalité extrême (envers n'importe qui), se muant d'une seconde à l'autre en infâme ordure. Et là encore, ce n'est pas la "prestation" qui enchante, mais le naturel avec lequel émergent l'humanité, voire la délicatesse, de ce personnage a priori irrécupérable.

le prestige christian bale christopher nolan
LE PRESTIGE

Entre temps, on l'a vu dans Le Nouveau Monde de Terence Malick, et il est apparu aux côtés de Steve Zahn et Jeremy Davies dans Rescue Dawn de Werner Herzog, film inédit en France qui se déroule durant la guerre du Vietnam. Mais le comédien ne chôme décidément pas et outre une suite à Batman Begins prévue pour 2008, intitulée The Dark Knight, toujours de Christopher Nolan - et que l'on attend quoiqu'il en soit avec grande impatience - , il nous réserve encore quelques beaux cadeaux, dont un nouveau long métrage avec Todd Haynes, I'm Not There, avec Cate Blanchett, ainsi que 3:10 to Yuma de James Mangold, un western dans lequel il croisera Russell Crowe. Un bien vaste programme pour l'un des acteurs les plus passionnants du moment…




RESULTATS AVEC UN TITRE APPROCHANT



Film par Acteurs